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Accepter Déclin
3 minutes pour lire Par  Eric Lascelles 30 juillet 2026

Préoccupations entourant l’IA, choc pétrolier, droits de douane

L’économie fait preuve de résilience malgré de nouveaux facteurs défavorables. Les valorisations liées à l'intelligence artificielle (IA) sont passées au crible tandis que les marchés de l’énergie restent volatils. Voici ce que les investisseurs doivent savoir :

  • La guerre en Iran continue de perturber les exportations d’énergie : la stabilité est-elle possible ? Malgré des cessez-le-feu temporaires, le détroit d’Ormuz reste en grande partie fermé. Les prix du pétrole ont chuté de 120 $ US à 70 $ US le baril, puis sont repartis à la hausse. Le conflit ne semble pas près d’être résolu, ce qui maintient les prix de l’énergie et l’inflation à des niveaux élevés.

  • La Réserve fédérale américaine (Fed) donne des signaux de resserrement : étant donné la résilience de l’économie et l’inflation supérieure à la cible, les dirigeants de la Réserve fédérale envoient des signaux de resserrement. Des hausses de taux semblent plus probables que des baisses pour les prochains mois. Que se passera-t-il si la croissance se maintient mieux que prévu ?

  • La grande question de l’IA : les dépenses porteront-elles leurs fruits ? Les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle pourraient dépenser près de 1 000 milliards de dollars l’an prochain dans les infrastructures d’IA, ce qui accélérerait considérablement la croissance du PIB. Cependant, les flux de trésorerie disponibles se détériorent, car les entreprises empruntent pour financer les investissements massifs dans les centres de données. Quels modèles d’IA se révéleront rentables ?

  • Les coûts des puces mémoires bondissent de 700 à 800 %, tandis que les préoccupations liées à la durabilité s’intensifient : les fabricants coréens de puces mémoires ont fortement augmenté leurs prix en raison des massives hausses de coûts, mais les marges cycliques tendent à inquiéter les investisseurs. Les centres de données font face à l’opposition des communautés locales face aux coûts de l’électricité, ce qui pourrait compliquer le développement de l’IA. Les valorisations de l’IA sont-elles solides, malgré l’amélioration de la qualité ?

  • De nouvelles menaces de droits de douane visent le Canada : bien que les droits de douane des États-Unis demeurent en dessous des sommets de l’hiver, les droits de douane de 50 % sur 5 % envisagés à l’égard des exportations canadiennes font planer une menace sur les secteurs clés. Qu’adviendra-t-il de la croissance au Canada si les tensions commerciales persistent ?

  • Les élections de mi-mandat pourraient changer la dynamique économique : qu’arrivera-t-il si les élections américaines mènent à un Congrès divisé ? Nous examinons les répercussions sur la stimulation budgétaire, les marchés boursiers et plusieurs secteurs spécifiques, dont l’IA et les produits pharmaceutiques.

  • Accélération du crédit bancaire, un indicateur macroéconomique positif : la croissance des prêts bancaires s’accélère en Europe et aux États-Unis, ce qui laisse entrevoir un regain de confiance tant chez les emprunteurs que chez les prêteurs. Quelle est l’incidence probable sur la masse monétaire, l’activité économique et la confiance des entreprises ?

En conclusion : l’économie mondiale s’est montrée plus résiliente que prévu. Les gains de productivité attribuables à l’IA stimulent la croissance même si les valorisations sont surveillées de près. Les chocs énergétiques persistent, mais n’ont pas fait dérailler l’expansion. Les prochains mois seront cruciaux pour voir si les investissements dans l’IA sont justifiés, si les marchés de l’énergie se stabilisent et si les tensions commerciales s’apaisent.

Tous ces sujets et bien d’autres sont traités dans l’enregistrement de la webémission de ce mois-ci.

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Transcription

Eric Lascelles - Premier directeur général, économiste en chef et chef, Recherche, Stratégie de placement

Bonjour et bienvenue. Je m’appelle Eric Lascelles. Je suis l’économiste en chef et le chef, Recherche, Stratégie de placement, RBC Gestion mondiale d’actifs.

J’ai le plaisir de vous présenter notre dernière webémission mensuelle pour août 2026.

Son titre est le suivant : Préoccupations entourant l’IA, choc pétrolier, droits de douane.

Celui-ci mentionne assurément certains des défis actuellement en jeu, notamment dans le domaine de l’IA que j’aborderai dans un instant.

Hélas, le choc pétrolier reste certainement d’actualité. Le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué pour le moment. De nouveaux droits de douane ont été annoncés et pourraient être appliqués.

Nous allons examiner cette question, mais je tiens à mentionner que ce titre ne rend sans doute pas compte de toutes les nuances de la situation, car la croissance économique que nous observons continue d’être assez bonne.

Nos prévisions de croissance demeurent supérieures aux prévisions générales ; il s’agit donc de nouveaux enjeux qui, toutefois, ne minent pas complètement la situation macroéconomique dans son ensemble.

Ceci étant dit,

commençons comme à l’accoutumée par un bilan, et pourquoi pas, par les thèmes positifs. Au risque de me répéter, nous avons des éléments positifs.

Je peux dire que les variables macroéconomiques restent généralement solides sur la base des données publiées jusqu’à présent, et qu’elles concordent beaucoup plus avec une croissance économique, et non un déclin.

L’économie mondiale, quant à elle, se montre assez résiliente.

La croissance économique reste sur une dynamique que l’on peut qualifier de tout à fait honorable – et, dans ce cadre, les prêts bancaires ont généralement tendance à s’accélérer plutôt qu’à ralentir. Cela reflète la confiance des banques dans leur clientèle, mais implique également, par un effet mécanique, une augmentation de la masse monétaire en circulation, un facteur qui contribue lui aussi à soutenir l’économie.

Nous pensons toujours qu’il y a plus de chances que la croissance de la productivité soit forte plutôt que faible. Et nous pensons que l’intelligence artificielle commence déjà à renforcer cette dynamique et que cela peut continuer – ce qui constitue un pilier majeur pour tout type de prévisions économiques. Sans surprise, nos prévisions de croissance économique restent donc présentement supérieures à la moyenne.

Nous sommes donc encore plutôt optimistes, même si nous allons aborder certaines difficultés qui existent bel et bien dans le monde d’aujourd’hui.

Parlons de celles-ci. Ce sont les thèmes négatifs qui vous sont affichés.

On pourrait dire que la guerre avec l’Iran a repris de plus belle tout en fluctuant – je dirais à maintes reprises jusqu’à maintenant – depuis plusieurs mois. Mais au cours des derniers jours, les attaques se sont multipliées et le détroit d’Ormuz est actuellement fermé de facto. Il n’y a donc pas de règlement définitif, et nous en reparlerons dans un moment.

À cela s’ajoute le niveau toujours relativement élevé des prix du pétrole. L’inflation elle-même est encore trop élevée, même s’il faut noter la baisse marquée des statistiques de juin dans le monde. Toutefois, les chiffres de juillet et les suivants toujours à paraître ne seront peut-être pas aussi bons.

Pour ce qui est des banques centrales, bien sûr, celles-ci s’intéressent, conformément à leur mandat, à l’inflation, qui est encore trop élevée, même si elles tiennent compte de la vigueur économique relative. Les banques centrales songent donc davantage à des relèvements de taux et la Fed, en particulier, continue de donner des signes de durcissement laissant présager des hausses de taux au cours des prochains mois. À cela vient bien sûr s’ajouter une autre décision politique : la Maison-Blanche a annoncé une nouvelle vague de droits de douane – dont bon nombre ne font que remplacer les anciens qui ont été bloqués par la Cour suprême plus tôt cette année, ainsi que les droits de douane temporaires qui viennent d’expirer ces dernières semaines. Néanmoins, les droits de douane sont repartis à la hausse dans une certaine mesure, et une série de tout nouveaux droits de douane inattendus menace le Canada. Nous en parlerons également.

Ensuite, l’intelligence artificielle constitue une autre préoccupation. De toute évidence, c’est une occasion à bien des égards, mais qui suscite également des préoccupations sous d’autres aspects.

Certains se demandent simplement si les modèles dits « fondateurs » (les modèles de pointe les plus coûteux) peuvent être rentables, alors qu’il existe des modèles ouverts moins chers et presque aussi bons.

Les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle sont toujours très rentables, mais leurs flux de trésorerie disponibles se détériorent considérablement à mesure qu’ils continuent d’investir, ce qui suscite certaines inquiétudes. Par ailleurs, la baisse des prix des jetons signifie qu’ils ne percevront peut-être pas autant de revenus à l’avenir.

Parallèlement, les centres de données baissent en popularité auprès des politiciens, des électeurs, etc. en raison de la hausse des coûts d’électricité et des véritables occasions d’emploi à vrai dire limitées.

Dans l’ensemble, on peut s’inquiéter des valorisations des sociétés liées à l’IA, en particulier de certains fabricants coréens de puces mémoire.

Mais de façon plus générale, la question est simplement de savoir si tout cela peut tenir avec la tarification actuelle.

Voilà qui suscite des inquiétudes. J’y reviendrai au cours de la présentation.

Il n’est donc pas surprenant d’observer des turbulences sur les marchés en ce moment.

Ceux-ci refoulent d’actualités, et il faut tenir compte de nombreux facteurs.

Enfin, pour aborder un dossier particulièrement intéressant – et c’est là l’occasion d’intégrer un volet de recherche supplémentaire que nous avons mené récemment –, nous allons évoquer les diverses implications de l’intelligence artificielle par secteur, du point de vue de l’impact sur la demande pour les produits de ce secteur, sur les bénéfices et, à ce propos, sur les travailleurs de ces mêmes secteurs.

Voilà donc pour le survol. Poursuivons, en ajoutant quelques images à notre émission et en développant un grand nombre de ces sujets.

Les attaques contre les navires ont repris dans le détroit d’Ormuz : Commençons donc par la guerre contre l’Iran et le choc énergétique.

Nous suivons le nombre de navires attaqués dans le détroit d’Ormuz – et ces attaques n’ont jamais vraiment cessé entièrement, même s’il y a eu une période de relative accalmie relative entre mai et la fin de juin. Comme on le voit, un nombre appréciable d’attaques a eu lieu dernièrement.

Il est dangereux d’emprunter ce détroit et, d’ailleurs, de manière peut-être plus évocatrice, nous pouvons constater sur le graphique suivant que, malgré une reprise timide quoique incomplète du transport maritime dans le détroit – et il s’agit plus précisément ici des pétroliers au sens large –, la circulation est de nouveau maintenant très réduite.

Suspension de la réouverture du détroit d’Ormuz : L’Iran attaque donc ces navires et une véritable bataille est engagée, tant sur le plan physique que sous la forme d’un débat pour savoir si l’Iran sera autorisé à imposer, en fin de compte, un péage aux navires traversant le détroit.

Le point à retenir selon moi est qu’il n’est donc pas certain que nous verrons un règlement clair et net à court terme de cette guerre. Bien que nous aimions à penser que des progrès pourront être accomplis dans les mois à venir, le prix du pétrole ne parviendra probablement pas à redescendre complètement à son niveau avant la guerre.

Les prix du pétrole se sont considérablement repliés : Quand on regarde le prix du pétrole, on peut bien sûr voir que pendant un moment, qu’il y a quelques mois, il avait atteint 120 $ le baril, pour retomber brièvement à un peu plus de 70 $ le baril.

Depuis, il a évolué en dents de scie.

Mais il semble une fois de plus que nous ne reviendrons pas au niveau où nous étions avant l’éclatement du conflit. Dans la foulée, l’inflation ne se stabilisera pas complètement au cours des six prochains mois, et l’économie mondiale en pâtira donc, ne fût-ce que légèrement.

Division du gouvernement américain en perspective – conséquences (à titre provisoire) : Passons maintenant à un sujet dont nous n’avons pas parlé : les élections imminentes de mi-mandat aux États-Unis.

Au moment du présent enregistrement, en ces derniers jours de juillet, nous nous rapprochons très rapidement des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui interviendront dans un peu plus de trois mois. Ainsi, au stade actuel, il semble probable que le gouvernement sera divisé à l’issue de ces élections. C’est une façon indirecte de dire que la Chambre des représentants basculera probablement des républicains vers les démocrates, ce qui mettra fin au scénario d’une victoire totale des républicains à la Maison-Blanche, au Sénat et à la Chambre des représentants.

Quelles en sont les implications pour l’économie et les marchés ?

Je tiens à souligner que toutes ces implications seront marginales.

Nous ne pensons pas qu’elles constitueront le facteur dominant des marchés. C’est seulement un aspect supplémentaire à prendre en compte. Mais nous soutiendrions l’idée que l’économie américaine pourrait tourner à un rythme un peu moins soutenu. L’inflation ralentira peut-être, ce serait une bonne chose.

C’est pourquoi elle est indiquée en vert.

Les marchés boursiers pourraient progresser un peu moins vite, et les taux obligataires pourraient chuter au lieu de grimper. Ce serait également une baisse utile.

Il se pourrait aussi que le dollar américain se déprécie un peu.

Encore une fois, il ne s’agit pas là de nos prévisions explicites.

Nous pensons que d’autres facteurs entreront aussi en ligne de compte. Mais voilà une issue possible du scrutin.

Et pour exprimer notre cheminement de pensée, de manière sans doute un peu trop longue, voici quelques-unes de nos réflexions à ce sujet.

Eh bien, en termes de points négatifs – et il est difficile de définir précisément ce qu’est un point négatif, car ce qui est mauvais pour le PIB peut s’avérer positif pour l’inflation –, les frontières deviennent floues très rapidement.

Mais pour passer en revue certaines de nos principales réflexions à ce sujet, l’une d’elles est que, classiquement, un gouvernement divisé offre tout simplement moins de relance budgétaire.

Il dispose de moins de latitude pour s’entendre sur des baisses d’impôt ou d’importants projets de dépenses, etc.

Cela nuit donc à la croissance, même si, comme nous le verrons plus tard, ce n’est pas le pire qui puisse arriver aux déficits importants et à la dette colossale.

Aux États-Unis, il est probablement plus difficile d’adopter un budget, ce qui n’est donc pas idéal. Plus particulièrement, le prochain plafond de la dette sera peut-être atteint au printemps prochain. Voilà possiblement une situation précaire qui ne plaira à personne.

En général, les démocrates, du moins les démocrates actuels, sont un peu moins favorables aux entreprises, et s’ils ne peuvent pas mettre en place des lois ni augmenter les impôts ou prendre de mesure similaire, nous pouvons dire qu’il n’y aura pas autant de réductions d’impôt que si les républicains restaient totalement aux commandes.

Mais vous savez, un parti qui dirige la Chambre des représentants peut aussi mener des enquêtes, et ce parti compte des membres de comités importants, et ainsi de suite. La dynamique s’en trouve donc modifiée d’une manière ou l’autre.

À cet égard, la tendance à la déréglementation s’affaiblirait probablement aux États-Unis. Dans le cas du secteur pétrolier et gazier qui avait auparavant été avantagé, ce ne sera probablement plus autant le cas.

Le secteur bancaire a profité de la déréglementation. Il n’est pas certain que ce sera terminé, mais on peut imaginer que les incitatifs en ce sens diminueraient à l’avenir.

Nous avancerions l’idée qu’il pourrait y avoir un peu moins de soutien public pour l’industrie de l’intelligence artificielle.

Certains contesteraient d’ailleurs cette idée.

L’opinion générale est que les deux partis sont favorables à l’IA – mais entre les coûts de l’électricité, l’impopularité des centres de données et les inquiétudes quant aux conséquences pour les travailleurs, il ne nous surprendrait pas que les démocrates apportent un peu moins de soutien que le gouvernement actuel.

Pour ce qui est du secteur pharmaceutique, vous le savez, un certain nombre de médicaments ont vu leurs prix encadrés ou plafonnés, et il ne serait pas surprenant que les démocrates fassent pression pour aller encore plus loin.

On pourrait donc dire qu’il s’agit là de points favorables pour l’inflation et les ménages, mais défavorables pour les fabricants de produits pharmaceutiques.

Et en ce qui concerne les dépenses de défense, je pense qu’en général, les deux partis y sont assez favorables, mais on pourrait soutenir que les démocrates le sont peut-être un peu moins – bien que ce soit très nuancé, les démocrates étant peut-être plus favorables à la guerre en Ukraine, et les républicains, à la guerre contre l’Iran.

La situation devient donc très nuancée, mais le soutien y est néanmoins inférieur, là aussi.

À l’inverse, un point positif réside dans le fait qu’il y a moins d’excès budgétaires.

C’est une bonne chose du point de vue budgétaire, ce qui pourrait faire baisser les taux, etc.

Le protectionnisme pourrait reculer un peu. Les droits de douane constituent principalement une croisade républicaine.

Les démocrates ne sont pas vraiment en faveur du libre-échange, mais ils sont toutefois peut-être moins favorables à ce genre d’initiative.

Nous verrons peut-être un peu moins de soutien, voire un peu moins d’antagonismes à l’égard des industries vertes que ce que nous avons observé au cours de ces dernières années.

Et puis les deux partis sont de fervents défenseurs d’une politique axée sur le pouvoir d’achat, le budget des ménages et la consommation. Des mesures bipartisanes favorables à cet égard pourraient donc être mises en œuvre.

En définitive, il se peut que l’économie ralentisse un peu, tout comme l’inflation, et que les actions s’affaiblissent légèrement.

Ceci étant dit, passons au sujet suivant.

Le S&P 500 est plombé par les récentes préoccupations à l’égard de l’IA bien que l’ensemble du marché continue de progresser : Passons maintenant à l’intelligence artificielle. Je vais simplement aborder ici plusieurs sujets différents et plus ou moins liés, les uns après les autres.

Je vais commencer par ici. Regardons la ligne bleue sur ce graphique. Il s’agit simplement du S&P 500, la grande bourse américaine.

Il a enregistré une bonne année. On remarque toutefois que la ligne bleue fait du surplace depuis mai.

Les avancées antérieures ont donc été interrompues dans une certaine mesure, ce qui reflète beaucoup le fait que les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle, c.-à-d. les plus grandes sociétés technologiques américaines, ne progressent plus de manière aussi fiable et ont même un peu reculé.

On pourrait dire que l’IA suscite quelques inquiétudes.

Il est intéressant de constater, pour marquer un léger contraste, que la ligne jaune continue de monter et a surpassé l’ensemble du marché boursier depuis le début de l’année.

En quoi consiste donc cette ligne jaune ? Il s’agit d’un indice équipondéré.

Au lieu d’attribuer une pondération gigantesque aux plus grandes sociétés, à l’instar du S&P 500, on attribue la même pondération à chaque société. On observe toujours des gains. Autrement dit, de nombreuses sociétés du marché boursier continuent de progresser.

En fait, la plupart des valorisations continuent de monter. Ce sont ces fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle qui tirent de l’arrière en ce moment.

Il ne s’agit pas d’un repli généralisé du marché, mais d’une faible partie de celui-ci. Et le marché boursier offre certaines poches où on peut se réfugier pour éviter ces replis.

Quoi qu’il en soit, cela reflète le fait que les marchés sont plus méfiants et un peu plus sceptiques à l’égard de ces grandes sociétés technologiques. Ce comportement est visible sous un angle différent sur le prochain graphique.

Le marché du crédit exige une plus grande rémunération au titre des emprunts de l’IA : Il s’agit des écarts des swaps sur défaillance de crédit, ce qui correspond au risque de faillite d’une entreprise, mais la logique reste la même : le marché du crédit se montre moins accueillant.

Une hausse est un point négatif ici. Voici les points de base et les sommes qu’une société doit payer pour emprunter – elle doit payer plus. Et je dirais que, là encore, une partie de cet effet s’explique peut-être par le fait que le marché pousse simplement sa réflexion un peu plus loin et s’inquiète des coûts de ces modèles économiques extrêmement onéreux – en se demandant si toutes les projections de croissance pourront réellement se concrétiser.

Toutefois, certaines de ces sociétés émettent maintenant plus de titres de créance. Le fait est que par le passé, ces sociétés ont toujours été si rentables qu’elles ne devaient pas recourir à l’émission.

À l’heure actuelle, les sociétés investissent tellement dans leurs modèles et centres de données, etc., qu’elles doivent commencer à emprunter.

Leur coût d’emprunt augmente donc pour elles.

Je tiens à souligner que de manière générale, la situation financière des entreprises reste excellente et que, pour la plupart, elles n’ont pas absolument besoin d’emprunter, du moins pas autant qu’elles ne l’ont fait.

Elles trouvent simplement les taux d’intérêt intéressants.

Ces taux d’intérêt perdent de leur attrait en ce moment. Et cela témoigne, encore une fois, du fait que les marchés deviennent un peu moins favorables à l’égard de ce secteur.

Maintenant, ne vous méprenez pas : il ne faudrait pas perdre de vue la grande histoire de l’IA, à savoir que lorsque nous essayons de mesurer la qualité de l’intelligence artificielle, ses progrès sont stupéfiants.

Amélioration de l’IA à un rythme exponentiel : Il s’agit donc ici de différents modèles de pointe et de leur performance selon au moins un indicateur de l’intelligence des modèles. On observe que chaque modèle s’améliore plus ou moins rapidement.

Si vous n’avez pas regardé de près l’axe des Y, l’échelle logarithmique vous a peut-être échappé.

Ainsi, le fait que cette courbe apparaisse comme une ligne droite ascendante vers la droite signifie qu’il y a une progression exponentielle de la qualité de l’IA. Elle s’améliore donc considérablement, et il ne faudrait vraiment pas sous-estimer à quel point elle peut devenir remarquable, tout comme on ne devrait sous-estimer aucune des statistiques impressionnantes associées à cet essor de l’IA. Il semble que Google ait annoncé un septuplement du nombre de jetons demandés au cours de la dernière année. Donc, la demande est en hausse. La qualité augmente.

Tout cela pourrait très bien fonctionner à la perfection, mais force est de constater que le marché devient un peu plus exigeant.

L’élaboration des modèles fondateurs est très coûteuse : L’une des inquiétudes du marché, observable sur ce graphique-ci, est le coût de l’entraînement du prochain modèle fondateur.

Comme vous le savez, ce coût augmente aussi fortement.

Il s’agit également d’une échelle logarithmique. La ligne droite représente donc en fait une augmentation exponentielle.

L’entraînement de ces modèles coûte 3,4 fois plus cher chaque année. On investit toujours plus dans les modèles, et ceux-ci s’améliorent sans cesse. L’amélioration est plus rapide que les coûts. Mais vous devez tout de même pouvoir facturer ces coûts.

Ce qui suscite en partie des questions, comme l’indique le graphique suivant.

Les modèles ouverts offrent 93 % du rendement pour 1/8 du coût : La ligne bleue de ce graphique tente de montrer un paramètre différent, l’amélioration de la qualité de ce qu’on pourrait appeler les modèles à poids fermés qui sont en fait les modèles fondateurs, les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle, les modèles très sophistiqués dont vous avez probablement entendu parler, et que vous avez peut-être utilisés.

Cependant, la ligne jaune suit sournoisement le rythme, sans être toutefois aussi bonne. Il s’agit des modèles à poids ouverts. Pour faire simple, on pourrait dire qu’il s’agit de modèles qui ne sont pas tout à fait aussi bons.

C’est pourquoi la ligne jaune se situe en dessous la ligne bleue, mais le graphique n’indique pas le fait que leur développement est beaucoup moins cher.

La plupart du temps, ils s’appuient sur les modèles bleus tout en les copiant légèrement.

Mais au bout du compte, ils sont vraiment beaucoup moins chers.

Il s’agit donc de modèles à poids ouverts. Bon nombre d’entre eux sont chinois, mais pas exclusivement. Leur rendement est inférieur d’environ 7 % à celui des modèles à poids fermés qui sont plus coûteux, mais leur coût est de l’ordre de 1/8 du coût des modèles à poids fermés.

Le point que nous souhaitons donc souligner ici, c’est que cela représente un véritable défi pour les modèles fondateurs – et que chaque composante de modèle d’IA n’a pas nécessairement besoin d’être la meilleure au monde. Et il se pourrait bien qu’un modèle un peu moins intelligent suffise pour bien des choses.

Ainsi, comme nous l’avons souligné à un moment donné, il n’est pas clair si ce marché évolue vers un monopole.

On dirait qu’il s’agit d’un marché concurrentiel qui pourrait accueillir de nombreux acteurs.

Il se peut qu’une grande partie du travail de l’IA puisse être réalisée par des modèles très bon marché.

Il se peut que les meilleurs modèles ne doivent répondre qu’à une petite partie des besoins.

C’est évidemment un défi au vu des sommes astronomiques investies dans les modèles de pointe.

Les puces mémoire représentent maintenant plus de la moitié du coût d’un semi-conducteur d’IA : Comme vous le savez, un autre défi réside dans le coût des puces mémoire. Celles-ci représentent une part non négligeable du coût de construction d’un centre de données.

En fait, je crois que plus de la moitié du coût d’une puce d’IA est liée aux puces mémoire qui y sont intégrées. Comme on peut le constater sur la base de la ligne bleue, le coût des puces mémoire a grimpé de manière incroyable – de l’ordre de 700 % à 800 % dans la dernière année.

Il s’agit d’une augmentation phénoménale. C’est ce qui explique l’essor spectaculaire de certains de ces fabricants de puces mémoire, dont beaucoup sont coréens.

Auparavant, il s’agissait d’un marché à faibles marges et d’une industrie cyclique très banalisée. La crainte est donc que tout s’effondre pour revenir à la normale. Généralement, ce type de secteur investit dans l’expansion, peut-être pas exactement au mauvais moment, mais l’expansion elle-même finit par résorber la pénurie, ce qui fait disparaître les marges et engendre des regrets ultérieurement.

La question est donc de savoir si cette situation peut être maintenue. Voilà un défi actuel pour le secteur de l’IA. Cela représente un coût exorbitant.

Par ailleurs, le marché se montre un peu nerveux à l’égard des valorisations de certaines sociétés en particulier et, au cours des dernières semaines, celles-ci ont fait l’objet de liquidations dans une certaine mesure.

On assiste donc peut-être au retour de la raison, en particulier en ce qui concerne l’indice sud-coréen Kospi.

Accélération marquée des dépenses d’investissement des fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle : Alors, ne vous méprenez pas, je sais bien que je vous fais faire de sacrées montagnes russes ici.

On observe des dépenses en immobilisations remarquables de la part des fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle.

La somme investie est prodigieuse.

Ces investissements pourraient bien atteindre un billion de dollars dès l’année prochaine, et ce, uniquement pour les cinq plus grandes entreprises.

Le taux de croissance est incroyable jusqu’en 2026, bien qu’on s’attende à ce qu’il ralentisse en 2027 et 2028.

À dire vrai, les sommes en jeu sont telles que nous parlons peut-être d’un quart de billion de dollars supplémentaires l’an prochain par rapport à cette année.

Toujours est-il que cela contribuera grandement à la croissance économique.

La croissance économique s’en trouve donc toujours soutenue.

Cela témoigne de la conviction profonde de ces entreprises que ces modèles sont bien réels et qu’il y a, je dois le préciser, des applications extrêmement puissantes à développer grâce à eux.

Mais au bout du compte, on peut aussi dire que c’est beaucoup d’argent à rembourser.

Ainsi, une façon de cadrer les choses consiste simplement à dire que lorsque nous examinons les bénéfices traditionnels des fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle – et je commenterai ce graphique dans un instant –, nous constatons des gains massifs et impressionnants.

Les bénéfices des fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle s’améliorent, mais les flux de trésorerie réels se détériorent : Un examen de la situation de trésorerie montre toutefois que leurs sorties de fonds se dégradent par rapport à leurs entrées de fonds, au lieu de s’améliorer.

Commençons par représenter cette situation dans ce graphique.

Celui-ci montre les choses d’une manière différente.

Il indique le ratio cours/bénéfice et le ratio cours/flux de trésorerie disponibles.

La courbe bleue correspond donc à ce que vous verriez en temps normal, et elle s’améliore en fait un petit peu.

Cela signifie que, même si les valorisations des actions des grandes sociétés technologiques ont fortement augmenté au cours des dernières années, les bénéfices des sociétés ont en réalité pleinement suivi le rythme, et la situation semble un peu meilleure aujourd’hui qu’il y a six mois.

Le problème est que les bénéfices n’ont pas à déduire la totalité des dépenses en capital liées aux nouveaux centres de données, etc.

Tel est le fonctionnement de la comptabilité financière.

Ce n’est pas bizarre, mais dans les faits, ces sociétés injectent de l’argent à un rythme remarquable. C’est pourquoi elles empruntent, etc. et leurs flux de trésorerie disponibles se détériorent de plus en plus. C’est pour cette raison que la ligne jaune monte.

Ainsi, si l’on examine le ratio cours/flux de trésorerie disponibles, qui est peut-être une mesure du coût de ces sociétés sur le marché boursier par rapport à l’argent réel qu’elles encaissent physiquement, on constate que les valorisations semblent en effet très problématiques.

Pour résumer la situation, il suffit de dire que si tous ces investissements massifs dans les centres de données et les modèles s’avèrent payants, alors tout cela devient parfaitement logique.

Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes, et il ne faudra plus s’inquiéter de la ligne jaune qui monte.

En revanche, si des regrets surgissent plus tard et qu’on se rend compte que les modèles ouverts, bien moins chers, sont presque aussi performants au point de capturer une grande partie du marché, cela pourra poser un problème à plus grande échelle.

Le marché accorde donc peut-être un peu plus d’attention à ce risque de baisse tel qu’il existe actuellement, ce qui est probablement une bonne chose, car il s’agit d’un risque de baisse bien réel.

Voilà.

La croissance de la productivité aux États-Unis a pris de la vitesse sur les prévisions : Du côté des bonnes nouvelles, la croissance de la productivité s’accélère aux États-Unis.

Nous sommes déjà d’avis que l’intelligence artificielle contribue à accélérer la croissance de la productivité.

C’est un grand moteur de croissance économique.

D’un point de vue strictement économique, tout va pour le mieux.

Ce qui nous rend tous nerveux, c’est qu’il y a un long passif – qu’il s’agisse des chemins de fer autrefois ou des câbles à fibre optique à la fin des années 90 et au début des années 2000 – de surinvestissements qui finissent par profiter à l’humanité et à la société, s’avèrent utiles et augmentent la productivité, mais qui ne profitent pas pleinement aux entreprises qui ont engagé les dépenses, autant qu’elles le pensaient.

C’est là que résident les risques en ce moment.

Répercussions potentielles de l’IA sur l’emploi par secteur : Entrons maintenant dans le vif du sujet.

C’est le moment ou jamais d’apporter du relief à notre analyse avec des chiffres particulièrement percutants et de la couleur.

Je ne peux évidemment pas aborder toutes les nuances et tous les détails ici et, bien sûr, vous êtes toujours libres de faire une pause pour examiner le graphique à votre guise, mais je dirais simplement que nous avons essayé de cerner les secteurs qui présentent des occasions, ceux qui pourraient connaître le plus de perturbations sur le plan de l’emploi, et ceux qui pourraient voir leurs bénéfices s’envoler.

Il ne s’agit pas d’une science exacte.

Vous trouverez aussi d’autres opinions sur cette question.

Mais c’est un travail qui s’avère finalement très utile, et nous avons donc classé ces données à travers quelques colonnes.

La première colonne présente seulement le potentiel de l’IA pour le secteur dans la mesure où ce potentiel pourrait lui être utile.

Comme on pouvait s’en douter, les logiciels et la technologie de l’information se trouvent tout en haut.

Les produits alimentaires se trouvent tout en bas, puisqu’une application immédiate à grande échelle est simplement moins évidente.

Nous mesurons ensuite le potentiel de croissance de la demande sectorielle. C’est évidemment très lié au potentiel de l’IA pour chaque secteur, mais cela dépend aussi de la mesure dans laquelle la demande pourrait augmenter si l’IA rendait ce produit moins cher, ce qui varie de manière significative d’un secteur à l’autre.

Nous avons le potentiel de croissance des bénéfices du secteur, un concept très semblable à celui de la croissance de la demande, quoique légèrement différent.

Puis il y a le potentiel de suppression d’emplois. Nul ne sait vraiment comment la situation va évoluer. En ce moment, nous observons des pertes d’emplois localisées, mais pas dans l’ensemble de l’économie. Il n’est d’ailleurs pas rare que le processus naturel de destruction créatrice entraîne des suppressions de postes tout en créant des occasions formidables ailleurs, ce qui a vraiment été le cas jusqu’à présent.

Mais en théorie, les secteurs qui pourraient nécessiter moins de travail, ou du moins, moins de travailleurs pour une unité de production donnée, se trouvent vers le haut du graphique et, là encore, cela penche davantage vers les services que vers les biens.

Cela penche, pourrait-on dire, vers les industries à forte intensité de connaissances, ce qui est tout à fait le contraire de l’hémorragie que nous avons connue dans les emplois manuels et le secteur manufacturier au cours des décennies précédentes ; il s’agit donc bel et bien d’un défi tout nouveau.

Mais en fin de compte, cela donne matière à réflexion et c’est un élément que nous soupesons soigneusement au moment de décider quels secteurs et quelles entreprises sont dignes de recevoir nos capitaux.

Voilà.

Les nouveaux droits de douane s’inscrivent dans la continuité, mais de nouvelles menaces pourraient faire monter le taux effectif : En ce qui concerne les droits de douane, nous essayons d’établir leur trajectoire et je ne voudrais pas surestimer ce mouvement.

Le fait marquant des six derniers mois est que les droits de douane pour les États-Unis ont chuté de façon notable au début du printemps, en raison de l’annulation d’un certain type de droits de douane par la Cour suprême.

Les États-Unis ont immédiatement mis en place d’autres droits de douane temporaires.

Les droits de douane en vertu de l’article 122.

Mais ceux-ci n’ont pas complètement remplacé les droits de douane antérieurs.

Ce que nous constatons à présent – et cela s’est produit au cours de la dernière semaine ou des deux dernières semaines –, c’est que les droits de douane temporaires ont expiré.

Leur application était d’une durée limitée.

Certains ont expiré.

La Maison-Blanche utilise maintenant d’autres droits de douane.

Elle pense avoir trouvé une loi existante différente pour ce faire, avec l’article 301 et a donc imposé de nouveaux droits de douane. Dans l’ensemble, ceux-ci sont comparables aux droits de douane temporaires qui disparaissent.

Globalement, ils sont toujours inférieurs aux droits de douane alors en vigueur l’hiver dernier.

La situation a donc un peu changé, mais sans augmenter autant les droits de douane au total.

Les États-Unis examinent toujours la possibilité d’appliquer d’autres droits de douane. Ceux-ci pourraient donc augmenter légèrement, et je suppose que je devrais ajouter que pour le Canada, une autre évolution est intervenue.

Cette autre évolution réside dans le fait que les États-Unis viennent de menacer d’imposer un autre type de droits de douane, et d’appliquer, à compter du 19 août, des droits de douane de 50 %, non pas sur toutes les exportations du Canada vers les États-Unis, mais sur environ 5 % d’entre elles.

C’est donc très problématique pour certaines industries de niche, qui semblent avoir été explicitement ciblées par les États-Unis soit pour favoriser les entreprises américaines équivalentes, soit pour infliger une punition maximale ; en fin de compte, ce n’est pas une bonne nouvelle, et nous pensons que cela pourrait amputer la croissance canadienne de quelques dixièmes de point si cela se concrétisait. Nous espérons que cette menace ne se matérialisera pas et que le Canada réussira à éviter une telle situation en négociant.

Nous pensons toujours que si nous nous projetons dans un an, le scénario le plus probable est que l’ACEUM sera prolongé et que l’environnement des droits de douane ne sera pas matériellement pire pour les Canadiens qu’il ne l’est en ce moment.

Mais pour l’heure, les droits de douane ont tendance à augmenter au lieu de baisser, alors que celle-ci s’était inversée pendant un certain temps.

Voilà.

La Fed et M. Warsh durcissent le ton : Passons aux banques centrales.

Concentrons-nous sur la Réserve fédérale américaine.

Il y a deux points à noter : le premier est que la ligne jaune reflète la baisse des taux des fonds fédéraux dans une certaine mesure au cours des dernières années, puis un statu quo pendant un certain temps.

L’idée dominante est de plus en plus que la Fed va probablement procéder à quelques hausses de taux au cours des six prochains mois environ. Une façon d’évaluer cela consiste à observer ce formidable modèle de traitement du langage naturel, la ligne bleue qui analyse les discours et les commentaires des responsables de la Réserve fédérale pour déterminer s’ils penchent plutôt pour une hausse ou une baisse des taux ; or, les commentaires sont dominés par un durcissement du ton.

La ligne bleue monte, ce qui, en théorie, suggère que nous pourrions assister à un prochain relèvement des taux. Je dirais que c’est cohérent avec la dernière décision de la Fed, qui remonte tout juste à hier au moment où j’enregistre cette émission ; il ne serait donc pas surprenant d’avoir une hausse de taux d’ici la fin de l’année.

Nous ne pensons pas qu’un relèvement poussé sera nécessaire, mais avec une inflation encore bien supérieure à la cible et une croissance économique plutôt résistante, c’est probablement la bonne chose à faire.

Et pour passer, je suppose, aux bonnes nouvelles – j’ai mis l’accent sur beaucoup de difficultés jusqu’à présent, mais comme je l’ai mentionné au tout début, en fin de compte, l’économie progresse toujours et nous pensons qu’elle est capable de continuer.

La croissance du crédit bancaire s’accélère – indicateur macroéconomique positif : Observons la croissance des prêts bancaires.

Le graphique de gauche illustre la croissance du crédit bancaire européen.

Celui de droite illustre la croissance du crédit bancaire américain.

Nous constatons une accélération notable et, comme je l’ai mentionné plus tôt, cela est pertinent à plusieurs égards.

Cela signifie que, tout d’abord, les clients sont disposés à emprunter.

Ils pensent que l’économie offre de bonnes occasions de placement.

Cela implique que les banques sont disposées à prêter.

Autrement dit, les banques elles-mêmes sont en bonne santé et elles estiment que leurs propres clients le sont aussi.

D’un point de vue purement mécanique, lorsque vous accordez un prêt dans un système bancaire à réserves fractionnaires, il s’ensuit une augmentation de la masse monétaire.

La plus grande quantité d’argent en circulation apporte bien sûr aussi un soutien économique.

Voilà donc un signal macroéconomique positif.

Notre indicateur de l’humeur du marché selon le livre beige des États-Unis n’a jamais été aussi solide depuis des années : Je peux dire que nous examinons le livre beige des États-Unis.

C’est, de manière assez comique, un indicateur qualitatif que nous nous obstinons ensuite à quantifier, ce qui, direz-vous, va un peu à l’encontre de l’objectif initial, mais nous le faisons quand même.

Il donne une bonne idée de l’économie dans son ensemble. Vous pouvez constater qu’elle s’est en fait accélérée dernièrement.

Ce n’est rien d’exceptionnel dans le contexte de la dernière décennie, mais il s’agit néanmoins du niveau d’optimisme et de confiance le plus élevé observé depuis plusieurs années chez les entreprises américaines.

En théorie, cette hausse concorde avec une croissance économique accrue.

L’économie canadienne se stabilise-t-elle ? Je terminerai par un clin d’œil vers le Canada.

Le Canada a connu des défis et, bien sûr, nous avons évoqué la menace d’imposition des nouveaux droits de douane qui pourraient bien entrer en vigueur dans quelques semaines au stade actuel des choses. Néanmoins, je tiens au moins à saluer le fait que le taux de chômage au Canada semble avoir atteint un pic ces derniers mois et qu’il a plutôt tendance à amorcer une légère baisse. On pourrait se demander pourquoi il y a tant de lignes qui tentent de dire la même chose ?

Voilà de quoi être fiers !

Nous avons construit et examiné très attentivement plusieurs indicateurs économiques.

Il s’agit du taux de chômage provincial pour au moins quelques-uns des grands marchés.

Et on peut dire à nouveau que, de manière assez cohérente d’un marché à l’autre, nous observons une stabilisation et même une légère baisse du chômage au Canada. Il est bien sûr crucial de rappeler que la population diminue présentement au Canada. Par conséquent, lorsqu’on constate peut-être une faible création d’emplois au cours d’un mois, ou même de légères pertes d’emplois, c’est en réalité exactement ce à quoi il faut s’attendre dans un contexte de baisse démographique.

Le vrai test est de savoir comment le taux de chômage se comporte, il s’est effectivement un peu amélioré.

Nous espérons donc que cette évolution se poursuivra.

Voilà.

Je vais m’arrêter là et vous remercier chaleureusement de votre écoute.

Pour en savoir plus, consultez notre site Web, RBCGAM.com ou LinkedIn, ou balayez ce code QR avec votre téléphone. Merci de votre temps.

Je vous souhaite des placements fructueux. Restez à l’affût le mois prochain.

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