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49 minutes to read by  E.LascellesJ.Nye Mar 25, 2026

~Avec la collaboration de Vivien Lee, d’Aaron Ma et d’Eric Savoie

Vue d’ensemble sur la guerre en Iran

Il s’est passé beaucoup de choses depuis que, voilà deux semaines, nous avons analysé pour la première fois la guerre en Iran et le choc pétrolier qu’elle provoque.

Dans l’ensemble, la situation s’est détériorée. La guerre continue et peu de navires peuvent passer dans le détroit d’Ormuz. Les infrastructures énergétiques ont été endommagées et les deux parties ont brandi la menace d’une escalade.

Par conséquent, les prix du pétrole ont poursuivi leur ascension (voir le graphique suivant). Toutefois, les dernières nouvelles annonçant un report de l’ultimatum américain et des pourparlers constructifs ont déclenché une légère baisse du pétrole brut Brent à environ 100 $ US le baril.

La situation demeure volatile et la guerre pourrait prendre fin de plusieurs façons. L’idéal serait qu’un cessez-le-feu intervienne à court terme, soit d’ici un mois. Un cessez-le-feu conclu dans plusieurs mois constituerait le scénario intermédiaire. Et dans le pire des cas, les infrastructures énergétiques subiraient des dommages importants, de sorte que le choc ne serait plus temporaire, mais durable.

Nous penchons légèrement en faveur du scénario optimiste, bien que le scénario intermédiaire soit presque aussi probable. Le scénario négatif n’est pas impossible, mais moins probable.

Divers faits aussi bien négatifs que positifs se sont produits. Commençons par les faits négatifs, avant de passer aux faits positifs.

– EL

Faits négatifs

Plusieurs événements récents indiquent que le règlement du conflit prendra du temps ou que l’incidence sur les prix du pétrole sera plus prononcée.

Premièrement, les marchés des paris, qui en théorie, donnent un aperçu de la situation globale, sont moins optimistes qu’au début de la guerre (voir le graphique suivant). Aux fins d’illustration, la probabilité d’un cessez-le-feu d’ici le 31 mars était initialement de 44 % selon Polymarket La semaine dernière, elle a chuté à seulement 12 % le 16 mars. En date du 23 mars, elle a rebondi pour s’établir à 23 %, ce qui demeure faible.

La probabilité d’un cessez-le-feu d’ici le 30 avril a évolué à peu près de la même façon. Elle était de 67 % au départ. Elle a ensuite chuté à seulement 40 %, puisa remonté pour s’établir maintenant à 51 %. Ce dernier chiffre montre que les marchés des paris sont partagés sur la possibilité d’un cessez-le-feu conclu au cours des deux premiers mois du conflit.

Même après le léger recul, le marché des contrats à terme sur le pétrole continue de prévoir des prix exorbitants (mais en baisse) jusqu’à l’automne, puis des prix plus bas, mais encore élevés par la suite (voir le graphique suivant).

Le détroit d’Ormuz est un goulot d’étranglement crucial pour les marchés mondiaux de l’énergie, puisque normalement, environ un cinquième de l’approvisionnement mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) passe à cet endroit. Jusqu’à présent, environ seize navires ont été attaqués et six autres ont signalé des incidents liés à la guerre.

Par conséquent, plus de trois semaines après le début du conflit, le détroit reste largement fermé (voir le graphique). Plus de 700 navires sont bloqués dans le golfe Persique. Si le volume de pétrole qui passe normalement par le détroit était entièrement retiré du marché, sans que l’offre soit compensée ailleurs, le prix du pétrole (WTI) pourrait exploser jusqu’à environ 190 $ US le baril, selon les hypothèses habituelles sur l’élasticité.

Le conflit s’est étendu aux infrastructures énergétiques. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus de 40 actifs énergétiques ont été gravement ou très gravement endommagés dans neuf pays du Moyen-Orient.

Comme nous l’avons déjà mentionné, si la guerre s’intensifiait dans ce domaine, on pourrait connaître des pénuries de pétrole durables plutôt que temporaires. Toutes les parties ont menacé de continuer à cibler ces installations.

En fait, même si un cessez-le-feu était conclu dans les prochains jours, le redémarrage des installations de production, actuellement inactives, et le transport des produits vers leurs destinations respectives nécessiteraient au moins deux semaines à un mois, et peut-être plusieurs mois.

La possibilité qu’elles utilisent une tactique de la terre brûlée, en détruisant systématiquement les infrastructures énergétiques, les usines de dessalement, les aéroports ou d’autres infrastructures civiles, pose un risque de baisse majeur, même si, de toute évidence, cela entraînerait des pertes pour tout le monde. Il faut beaucoup de temps pour rebâtir de telles infrastructures. Par exemple, le Qatar a indiqué que la reconstruction complète de son complexe de liquéfaction de gaz naturel, dont la production a été réduite de 17 % en raison des dommages, prendrait de trois à cinq ans.

En fait, même si un cessez-le-feu était conclu dans les prochains jours, le redémarrage des installations de production, actuellement inactives, et le transport des produits vers leurs destinations respectives nécessiteraient au moins deux semaines à un mois, et peut-être plusieurs mois. Par conséquent, il faut s’attendre à ce que la pénurie dure quelques mois, même en cas de résolution rapide du conflit.

Autre point préoccupant, l’Iran dispose de drones bon marché en abondance, alors que les États-Unis et Israël ont une quantité limitée de missiles intercepteurs très coûteux. Durant la fin de semaine, deux missiles iraniens ont frappé des sites israéliens clés, soulevant la question de savoir si la capacité d’Israël et des États-Unis à intercepter chaque attaque de grande envergure diminue.

Autre asymétrie, il suffit à l’Iran de frapper un navire de temps à autre pour que la traversée du détroit d’Ormuz ne soit plus envisageable. En revanche, les États-Unis ne peuvent pas se contenter de protéger les 95 % de navires restants contre les attaques.

Le régime iranien perçoit cette guerre comme une menace existentielle. Il est donc prêt à tolérer des pertes économiques et militaires importantes et pourrait envisager des options extrêmes.

Par ailleurs, l’Iran a récemment démontré que ses missiles avaient une portée de 4 000 kilomètres, ce qui consolide sa position. En effet, il pourrait en théorie toucher tous les pays d’Europe.

Le régime iranien perçoit cette guerre comme une menace existentielle. Il est donc prêt à tolérer des pertes économiques et militaires importantes et pourrait envisager des options extrêmes. (À l’inverse, le pays pourrait être enclin à accepter un cessez-le-feu si on l’autorise à conserver sa structure politique.)

Au Moyen-Orient, certains groupes chiites se sont ralliés à l’Iran ; des forces chiites établies en Irak ont ciblé des bases militaires et des installations des États-Unis. Voilà qui complique la guerre.

– EL

Faits positifs

On compte aussi un certain nombre de faits positifs.

Ce n’est pas nouveau, mais il est dans l’intérêt de la grande majorité des pays de mettre fin à la guerre. La Chine est le plus grand importateur d’énergie en provenance du golfe Persique. L’Inde est aussi un client important, et la plupart des pays d’Asie et d’Europe dépendent fortement du pétrole et du gaz naturel du Moyen-Orient.

D’autres États du Golfe sont également déterminés à trouver une solution, car ils ne peuvent plus exporter librement leur principale production et l’attrait de leurs villes pour les entreprises internationales est fortement compromis. Bon nombre d’entre eux ont les relations diplomatiques nécessaires pour communiquer directement avec l’Iran.

Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer la volonté politique des États-Unis d’éviter une flambée des prix à la pompe et une hausse des taux hypothécaires (la hausse des taux obligataires se répercute sur les taux hypothécaires). Ce point est particulièrement important étant donné que la Maison-Blanche cherche à préserver le porte-monnaie des Américains à l’approche des élections de mi-mandat qui auront lieu dans seulement sept mois.

La cote de popularité du président Trump a dégringolé depuis le début de la guerre (voir le graphique suivant). Les démocrates se retrouvent soudainement au coude à coude avec les républicains dans la course pour le contrôle du Sénat (voir le graphique subséquent). En fait, un balayage démocrate, à la fois au Sénat et à la Chambre des représentants, est maintenant l’issue la plus probable de ces élections (voir le troisième graphique).

En résumé, la Maison-Blanche veut sans doute trouver au plus vite une solution qui fasse retomber les prix du pétrole et les taux obligataires. Soulignons qu’il y a deux façons différentes d’y parvenir.

  1. Accepter un cessez-le-feu à court terme.

  2. Accroître la force de frappe des États-Unis afin de « gagner » la guerre et de neutraliser l’Iran dans le détroit d’Ormuz.

La probabilité d’un cessez-le-feu à court terme s’est accrue après que le président Trump a annoncé, le 23 mars, que les États-Unis avaient récemment eu des entretiens fructueux et constructifs au sujet d’une résolution complète des hostilités au Moyen-Orient.

La neutralisation de l’Iran par l’emploi de forces supplémentaires est aussi mise en œuvre en parallèle. Récemment, les États-Unis ont fortement endommagé les bases de missiles de l’Iran au moyen de bombes antiblockhaus de 5 000 livres. Ils ont également détruit d’autres sites de soutien du renseignement et des relais radars antimissiles. En outre, de nouvelles forces américaines sont déployées dans la région.

Bien que l’Iran soit sans doute disposé à endurer plus de pressions économiques que la plupart des pays, sa capacité n’est pas illimitée.

Bien qu’elle demeure une question de conjecture, la capacité de l’Iran de lancer des missiles et des drones pourrait être en train de se détériorer considérablement. On pense que les stocks de missiles du pays ont déjà diminué de 55 % à 75 %, contre 60 % à 70 % pour le nombre de lanceurs balistiques.

À l’inverse, les stocks de drones iraniens sont encore assez importants selon les estimations des experts. Toutefois, les événements sur le terrain indiquent que les réserves de missiles et de drones pourraient se faire plus rares. À l’exception notable de l’Arabie saoudite (dont les données sont très irrégulières), le nombre quotidien de tirs de missiles et de drones iraniens visant d’autres États du Golfe (Qatar, Émirats arabes unis, Bahreïn et Koweït) a fortement diminué depuis le début de la guerre et continue de le faire.

À titre d’exemple, dans les Émirats arabes unis, l’utilisation de missiles balistiques par l’Iran a considérablement chuté quelques jours après le début de la guerre et demeure faible. Les déploiements de drones, qui étaient importants dans les trois premiers tiers du mois de mars, ont depuis diminué d’environ cinq fois. Cela pourrait donc signifier que les stocks de drones de l’Iran sont plus limités que ce que l’on imagine généralement. Par conséquent, le trafic aérien reprend progressivement dans la région du Golfe.

Bien que l’Iran soit sans doute disposé à endurer plus de pressions économiques que la plupart des pays, sa capacité n’est pas illimitée. Il pourrait en outre avoir de la difficulté à s’approvisionner à l’étranger en raison de la guerre elle-même, ainsi que de la forte dépréciation de la monnaie du pays depuis le début de l’année (voir le graphique suivant), parallèlement aux difficultés causées par la montée de l’inflation (voir le graphique subséquent).

Du point de vue de l’économie mondiale, l’excédent de pétrole à l’échelle planétaire avant le début de cette guerre est réjouissant. Cela signifie que près de la moitié de l’augmentation du prix du pétrole a simplement marqué le passage d’un niveau anormalement bas à un niveau plus normal. Les dommages sont donc plus limités.

De plus, comme nous le verrons dans la section suivante, le monde s’attache à trouver des moyens de compenser le gros des trois quarts de l’incidence théorique de la fermeture du détroit d’Ormuz.

– EL

Fermeture du détroit d’Ormuz : facteurs d’atténuation des conséquences

Heureusement, la perte théorique de 20 millions de barils par jour de pétrole et de gaz naturel qui transitent habituellement par le détroit d’Ormuz peut être atténuée par plusieurs facteurs (voir le graphique ci-dessous).

  • L’Arabie saoudite possède un pipeline vers la mer Rouge et une capacité de réserve d’environ 4 à 6 millions de barils par jour.

  • Les Émirats arabes unis disposent d’un pipeline plus modeste vers le golfe d’Oman (qui contourne le détroit) et une capacité de réserve de 700 000 barils par jour.

  • L’Iran continue d’exporter du pétrole : l’an dernier, c’était 2,4 millions de barils par jour des 20 millions de barils par jour qui traversaient le détroit, même si les expéditions ont été quelque peu réduites pendant le conflit actuel.

  • L’AIE a annoncé qu’elle prévoyait libérer une quantité record de 400 millions de barils de pétrole brut et de produits provenant des stocks de ses membres. Selon les experts, la baisse pourrait être de l’ordre de 2 à 4 millions de barils par jour.

  • Outre l’AIE, la Chine a ajouté 1,1 million de barils par jour à ses stocks de brut en 2025 (maintenant estimés entre 1 200 et 1 300 millions de barils). Elle pourrait réduire ses réserves à un rythme semblable pour gérer les perturbations de l’approvisionnement.

  • Les États-Unis ont temporairement levé les sanctions visant le pétrole russe, ce qui pourrait libérer plus de 120 millions de barils actuellement sur des navires ou entreposés.

Bon nombre de ces données sont incertaines. Cependant, on peut raisonnablement estimer que près des trois quarts de la perturbation théorique de l’approvisionnement causée par la fermeture du détroit pourraient être compensés par d’autres routes et sources d’approvisionnement. Une diminution de 20 millions de barils par jour se traduit par un déficit de l’offre de 5,5 millions de barils par jour, ce qui correspond peut-être davantage à un prix de 100 $ US le baril de pétrole – soit autour des prix actuels – plutôt qu’à 190 $ US le baril.

Il existe aussi d’autres facteurs d’atténuation potentiels, comme une intensification de la production dans d’autres régions en réaction à la hausse des prix du pétrole.

Un certain nombre de navires non iraniens ont réussi à franchir le détroit, et plusieurs pays négocient un passage sûr pour les leurs. Pour sa part, l’Iran a indiqué que le détroit restait ouvert aux navires non américains et non affiliés à Israël. On ne sait toutefois pas ce que cela signifie pour les nombreux États du Golfe, théoriquement neutres, qui abritent des bases militaires américaines.

Les États-Unis évaluent également la possibilité de convois maritimes et de mécanismes d’assurance pour accroître le trafic, mais ces projets sont difficiles sur le plan opérationnel, surtout tant que le conflit fait rage.

Des risques de baisse planent également sur certaines des routes et sources d’approvisionnement de remplacement. Le port de Fujairah, situé à l’extrémité du pipeline des Émirats arabes unis, n’est pas loin du détroit et a connu des perturbations intermittentes pendant le conflit. Les frappes américaines contre des bases militaires iraniennes sur l’île de Kharg, un terminal d’exportation clé, pourraient menacer les exportations iraniennes restantes. Jusqu’à récemment, les infrastructures énergétiques étaient de plus en plus ciblées par les deux côtés.

Si le conflit traîne en longueur, les prix pourraient monter si le niveau des stocks s’amenuise.

Les autres facteurs pesant sur l’offre ne sont que temporaires. La levée des sanctions contre la Russie durera 30 jours, mais elle pourrait être prolongée. La diminution des stocks de l’AIE à 3 millions de barils par jour épuiserait la libération record de 400 millions de barils en quelque 4,5 mois, bien que l’AIE ait laissé entendre qu’elle pourrait libérer encore plus de stocks s’il le fallait.

Si le conflit traîne en longueur, les prix pourraient monter si le niveau des stocks s’amenuise. Comme le montre le graphique ci-dessous, la diminution des stocks de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se traduit généralement par une hausse non linéaire des prix du brut (données ajustées en fonction de l’inflation). Selon les tendances historiques, les baisses d’ici la fin d’avril correspondraient peut-être seulement à 100 $ US le baril de pétrole, mais une nouvelle baisse des stocks pourrait faire grimper les prix à 130 $ US après un autre mois et à plus de 150 $ US d’ici le milieu de l’année.

Bien entendu, ce calcul suppose que les autres facteurs demeurent constants. En réalité, il est probable que la hausse des prix incite les producteurs à intensifier leur production, ce qui atténuera la diminution des stocks. De plus, la destruction de la demande ralentira le rythme de la diminution des stocks. Même si le conflit se prolongeait (ce qui n’est pas notre scénario de base), nous ne croyons pas que les prix du pétrole se maintiendraient au-dessus de 150 $ US le baril.

Malheureusement pour les marchés du gaz naturel, les facteurs atténuants sont moins nombreux. Environ 20 % du commerce mondial de GNL transite normalement par le détroit. Le Qatar, deuxième producteur mondial de GNL, exporte une partie de son gaz naturel par gazoduc vers les Émirats arabes unis et Oman. Néanmoins, la capacité de réserve de ce gazoduc est limitée et le terminal d’exportation de GNL d’Oman fonctionne déjà pratiquement au maximum.

Malgré l’essor du commerce mondial de GNL, les marchés du gaz naturel demeurent relativement régionalisés et présentent un potentiel d’écarts de prix bien plus important que les marchés du pétrole. Étant donné que 90 % du GNL passant par le détroit d’Ormuz est destiné à l’Asie et 10 %, à l’Europe, le choc des prix est nettement plus marqué dans ces régions qu’en Amérique du Nord, où l’offre est plus abondante. En 2025, 27 % des importations asiatiques et 7 % des importations européennes de GNL ont transité par le détroit.

- JN

Sensibilité du monde à un choc pétrolier

La perturbation actuelle de l’offre mondiale de pétrole est la pire depuis les deux chocs des années 1970 : le premier causé par l’embargo de l’OPEP (1973-1974) et le deuxième par la révolution iranienne et la guerre entre l’Iran et l’Irak (1979-1980). Les États-Unis sont entrés en récession à la suite de ces deux chocs. Heureusement, beaucoup de choses ont changé depuis afin de rendre l’économie mondiale moins vulnérable à une perturbation de l’offre de pétrole.

Il faut moins de pétrole pour faire tourner l’économie mondiale qu’il y a un demi-siècle. Le graphique ci-dessous montre la consommation de pétrole par tranche de 1 000 $ de production économique mondiale ajustée à l’inflation. Celle-ci a reculé de 62 % depuis les années 1970.

L’amélioration de l’efficacité énergétique et la diversification des sources d’approvisionnement sont les principaux facteurs à l’origine de cette réduction. La transition grandissante vers des secteurs de services moins dépendants du pétrole a également joué un rôle : la part de l’industrie manufacturière dans la production mondiale est passée de 27 % en 1970 à 16 % aujourd’hui.

En réaction aux chocs pétroliers précédents, de nombreux pays ont constitué des réserves stratégiques. Par exemple, la réserve stratégique de pétrole des États-Unis, établie en 1975, est maintenant la plus importante au monde. AIE a été créée en 1974 pour coordonner la politique énergétique des pays de l’OCDE. Ses membres ont l’obligation de maintenir des stocks équivalant à 90 jours d’importations nettes de pétrole. Comme nous l’avons vu plus haut, la mise en circulation record de 400 millions de barils de pétrole par l’AIE a grandement contribué à atténuer la perturbation de l’offre au Moyen-Orient.

Par ailleurs, la production de pétrole s’est diversifiée. La part de l’OPEP dans la production mondiale est tombée à 35 %, après avoir culminé à 50 % en 1973. De nouvelles sources d’approvisionnement ont vu le jour en Alaska, au Mexique et en mer du Nord après les années 1970, et plus récemment, les sables bitumineux canadiens et le pétrole de schiste américain ont stimulé la production en Amérique du Nord. Aujourd’hui, le Moyen-Orient ne compte que pour 30 % de l’offre mondiale.

En ce qui concerne les deux plus grandes économies au monde, les États-Unis sont désormais un exportateur net d’énergie. Par conséquent, la hausse des prix a un impact économique plus neutre : elle profite aux producteurs et à leurs actionnaires, mais nuit aux consommateurs et aux industries énergivores. La Chine, quant à elle, est un importateur net, mais elle a accumulé d’importantes réserves et diversifié ses sources d’importation de pétrole. Le pétrole et le GNL transitant par le détroit d’Ormuz ne représentent que 7 % de l’énergie consommée en Chine.

Les efforts déployés par les banques centrales pour stabiliser les anticipations d’inflation ont aussi un effet bénéfique. De nos jours, les décideurs disposent d’une marge de manœuvre beaucoup plus grande pour faire abstraction des chocs ponctuels. En effet, ils n’ont plus à resserrer la politique monétaire et ainsi intensifier l’effet négatif de la hausse des prix sur l’économie, comme cela a pu être le cas dans le passé.

Lors des deux chocs pétroliers des années 1970, la Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur au-dessus de 10 %, ce qui a contribué à l’apparition de récessions. Même si l’augmentation des prix du pétrole pourrait retarder les baisses de taux, voire ouvrir la voie à des hausses, une flambée des taux d’une ampleur comparable est peu probable à l’heure actuelle.

- JN

Répercussions économiques

Dans le tableau ci-dessous, nous évaluons les conséquences approximatives du choc énergétique sur l’économie et l’inflation.

Cet exercice est toutefois imparfait à bien des égards.

  1. Nous devons partir de certaines hypothèses. Pour arriver à ces résultats, nous avons supposé une hausse de 40 $ US du baril de pétrole. En réalité, cette valeur a fluctué de façon importante, tant au-dessus qu’en dessous de ce niveau.

  2. Nous avons tablé sur une augmentation moyenne de 50 % du prix du gaz naturel, avec un bond plus marqué en Asie et en Europe, et moins marqué en Amérique du Nord. Dans les faits, cette valeur a également connu des fluctuations considérables.

  3. De manière peu réaliste – espérons-le –, ce scénario part du principe que les prix de l’énergie resteront élevés indéfiniment. En pratique, il est beaucoup plus probable que les prix diminuent considérablement d’ici quelques mois.

  4. Ces chiffres ne tiennent pas compte d’autres facteurs défavorables comme la perte de richesse découlant du repli des actions, l’incidence négative de la hausse des taux obligataires et l’effet délétère d’une plus grande aversion pour le risque.

Compte tenu de tout ce qui précède, que pouvons-nous dire des résultats ? Comme on pouvait s’y attendre, ce sont l’Asie et l’Europe qui sont les plus touchées, puisqu’une grande partie de l’énergie du Moyen-Orient est destinée à ces régions (voir le graphique suivant). Les dommages seront beaucoup moins importants aux États-Unis et au Canada, tant sur le plan du produit intérieur brut (PIB) que de l’inflation. Le Canada pourrait même être gagnant au niveau du PIB, étant donné l’importance de ses exportations de pétrole, et l’économie américaine ne sera pas affaiblie, grâce à son propre excédent énergétique net.

À la lumière de notre légère préférence pour une résolution du conflit plus rapide que prévu, du fait que ces estimations sont probablement trop pessimistes si le choc énergétique n’est pas permanent et du fait que les modèles économiques standards donnent à penser que des baisses de taux constitueraient la réponse la plus appropriée à un choc pétrolier temporaire lié à l’offre, nous croyons que les grandes banques centrales parviendront à éviter un resserrement monétaire majeur. (Les marchés sont sans doute devenus trop fermes ces dernières semaines – nous nous penchons plus en détail sur les perspectives des différentes banques centrales plus loin.)

Le risque de récession est également relativement limité, bien qu’il soit plus élevé qu’il y a un mois. Le modèle de récession à un an que nous privilégions aux États-Unis indique que la hausse des prix du pétrole, le creusement des écarts de crédit et l’aplatissement de la courbe des taux des échéances entre deux et dix ans signalent tous un risque accru de récession par rapport aux estimations de février. Cependant, l’effet est relativement modéré (voir le graphique suivant). Le risque de récession aux États-Unis pour l’année prochaine est passé d’environ 6 % à 12 %. Le risque est nettement plus élevé pour des économies comme l’Europe et le Japon, compte tenu de leur exposition accrue et d’un taux de croissance potentiel relativement plus faible, mais il est encore loin d’être inéluctable.

– EL et VL

Chocs pétroliers passés

Au vu de l’évolution rapide de la guerre en Iran et de l’incertitude qui est à son paroxysme, il est utile d’analyser les chocs pétroliers passés pour évaluer l’éventail des issues possibles pour les marchés financiers.

Nous avons adapté nos graphiques habituels de feuille de route pour nous concentrer spécifiquement sur les chocs pétroliers, que l’on définit comme une hausse de 50 % ou plus d’une année sur l’autre du prix du pétrole brut WTI. Sur les graphiques, t=0 correspond à la première date où ce seuil a été atteint (voir le graphique suivant). Le graphique commence 30 jours de négociation avant cette date et se termine 180 jours de négociation après le choc pétrolier. Ainsi, il est possible de visualiser les trajectoires historiques du prix du pétrole et des cours des actions avant et après ces événements.

Le graphique prend en compte quinze chocs pétroliers survenus depuis 1973, auxquels s’ajoute l’épisode actuel (qui, au 18 mars, n’avait pas encore atteint le seuil de hausse de 50 % susmentionné, mais s’en rapprochait). Les quinze chocs pétroliers ont ensuite été classés, selon ceux ayant coïncidé avec une période de récession ou non, et ceux qui ont résulté de pénuries de l’offre et ceux causés par un excès de demande.

Les données révèlent plusieurs observations importantes :

  • Sans surprise, les récessions sont plus probables en cas de choc pétrolier intense et persistant.

  • S’il n’y a pas de récession et que le choc pétrolier est induit par l’offre, le prix du pétrole a tendance à se stabiliser à la baisse un peu plus de 60 jours après le franchissement du seuil de choc.

  • Le scénario historique médian pour l’indice S&P 500 pour tous les chocs pétroliers ne montre pas de direction claire pour les cours des actions jusqu’à environ 75 jours de négociation. À ce moment, les actions reprennent leur trajectoire ascendante habituelle (voir le graphique suivant).

Il convient toutefois de noter que le résultat varie beaucoup selon la nature du choc pétrolier. Les actions font mieux que la moyenne en l’absence de récession ou lorsque le choc pétrolier est induit par la demande plutôt que par l’offre. À l’inverse, la baisse maximale du sommet au creux à partir de t = 0 est d’environ 7 % pour la médiane des chocs pétroliers en période de récession. La baisse maximale est d’environ 6 % pour celle des chocs pétroliers induits par l’offre.

Fait important : l’indice S&P 500 est habituellement plus élevé 120 jours de négociation après la date du choc pétrolier, même si celui-ci est associé à une récession.

Dans l’épisode actuel, le S&P 500 a chuté de plus de 5 % avant t = 0, c.-à-d. l’une des périodes les plus faibles de l’histoire. Il est difficile de déterminer s’il faut y voir un marché exceptionnellement perspicace qui a déjà intégré par anticipation la baisse habituelle, ou si le repli boursier qui suit normalement le franchissement du seuil est encore à venir.

- AM

Réflexions sur le transport de produits autres que le pétrole

Même si l’énergie est au cœur des préoccupations, les États du Golfe sont aussi d’importants fournisseurs mondiaux de plusieurs produits pétrochimiques. Treize pour cent du commerce maritime mondial de produits chimiques transitent habituellement par le détroit d’Ormuz (voir le graphique). Principaux produits :

  • Environ un tiers du commerce maritime mondial d’engrais transite par le détroit. Les trois quarts de cela concernent l’urée, un engrais azoté produit à partir de gaz naturel. Le prix de l’urée a augmenté de plus de 50 % depuis le début de l’année aux États-Unis.

  • L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar figurent parmi les dix premiers producteurs de soufre, représentant près de 20 % de la production mondiale. Le soufre est utilisé dans la production d’engrais, la fabrication de produits chimiques ainsi que le raffinage du pétrole et des métaux.

  • Le Qatar représente 20 % de l’offre mondiale d’hélium, qui trouve des applications dans l’électronique, les fibres optiques et la fabrication de semi-conducteurs. Seulement 15 % de l’hélium est utilisé pour la « force de levage », c.-à-d. le gonflement des ballons.

  • Les Émirats arabes unis et Bahreïn occupent les cinquième et sixième rangs de la production mondiale d’aluminium, et représentent 6 % de l’offre.

  • L’Arabie saoudite représente 5 % de la production mondiale de polymères plastiques.

Les perturbations de l’approvisionnement en engrais sont particulièrement préoccupantes et représentent une menace pour la sécurité alimentaire de certains des pays les moins développés plus tributaires des importations en provenance des États du Golfe. Plus généralement, la hausse des prix des engrais à l’approche de la saison des semailles pourrait exercer des pressions haussières sur les prix alimentaires à l’échelle mondiale.

Une réduction de l’offre d’autres produits qui se prolongerait créera certainement des casse-têtes logistiques Toutefois, nous pensons que cet épisode s’arrêtera bien avant les perturbations généralisées des chaînes logistiques observées pendant la pandémie.

À l’époque, la demande refoulée après la pandémie, l’appétit cumulé particulièrement exceptionnel pour les biens (du fait de la moindre capacité à dépenser dans les services), le soutien massif des politiques budgétaires et monétaires, les perturbations de la fabrication et du transport liées à la pandémie ainsi que le choc des prix de l’énergie ayant suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ont tous contribué à une inflation généralisée des prix des marchandises.

Hormis le choc des prix de l’énergie, ces dynamiques ne sont pas là aujourd’hui. Les frais de transport n’ont augmenté que légèrement (voir le graphique) et, à ce stade, nous observons peu de signes de tensions systémiques dans la chaîne logistique.

Bien que la hausse des prix alimentaires et certaines perturbations isolées de l’offre pourraient accentuer légèrement l’inflation au-delà de l’impact immédiat de la hausse des prix de l’énergie, nous pensons que les répercussions seront modérées. Puisque seulement 3 % du trafic mondial de conteneurs et 2 % du commerce de vrac sec transitent ordinairement par le détroit, même des perturbations prolongées devraient entraîner un choc de prix bien plus limité que celui observé pendant la pandémie.

- JN

Le point sur la politique des banques centrales

De nombreuses annonces de politique monétaire se sont succédé la semaine dernière. Toutes les banques centrales du G7 ont opté pour le statu quo, mais la Reserve Bank of Australia a procédé à un relèvement pour la deuxième fois consécutive. Les décideurs ont souligné la grande incertitude quant à l’ampleur et à la durée du choc actuel des prix de l’énergie. La diversité de leurs tons et orientations prospectives suggère que les fonctions de réaction varient assez nettement d’une banque centrale à l’autre, selon l’exposition à la hausse des prix de l’énergie, le niveau d’inflation à l’approche du choc et la conjoncture économique nationale.

Voici un bref résumé de leurs commentaires :

  • La Banque du Canada (BdC) a été très explicite en ce qui a trait à son intention de « regarder au-delà de l’impact immédiat de la guerre sur l’inflation ». Elle a averti que si les prix de l’énergie demeuraient élevés, elle ne laisserait pas leurs effets de généraliser et se transformer en inflation persistante – la mise en garde habituelle concernant les anticipations d’inflation. Le gouverneur, M. Macklem, a toutefois laissé entendre que le risque semblait contenu du fait de l’atonie économique et d’une inflation près de la cible.

    Bien que le Canada soit un exportateur net d’énergie, la BdC a relevé un risque de révision à la baisse de ses prévisions de croissance, compte tenu d’une série de données nationales décevantes.

  • La Réserve fédérale américaine (Fed) a également préconisé une approche faisant fi de l’impact temporaire, mais avec davantage de réserves. Le président de la Fed, M. Powell, a déclaré qu’avant de pouvoir faire abstraction de la hausse des prix de l’énergie, il faut plus de preuves que les augmentations de prix des biens de base liées aux droits de douane ne constituent pas une source d’inflation persistante. En outre, il a souligné que l’approche faisant fi de l’impact temporaire dépend du fait que les anticipations d’inflation restent bien ancrées.

    Il a également laissé entendre que la Fed est consciente que l’inflation dépasse déjà sa cible et que les consommateurs ont récemment subi plusieurs chocs de prix. La mise à jour du graphique à points de la Fed continue d’indiquer une baisse de taux cette année, bien que les adeptes de deux baisses ou plus soient moins nombreux.

  • La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas préconisé d’approche faisant fi du choc temporaire, mais a indiqué qu’elle est « en bonne position pour faire face à cette incertitude », alors qu’elle évalue la durée, l’intensité et la propagation du conflit. Ses prévisions actualisées comprennent des scénarios de référence, défavorable ou grave. Le scénario défavorable, le plus proche de la courbe actuelle des contrats à terme sur le pétrole, prévoit un retour de l’inflation globale aux environs de 2 % en 2027. Le retour à la cible de l’inflation de base se produira seulement en 2028, tout en n’ayant toutefois que des répercussions limitées sur les salaires.

    Mme Lagarde n’a pas fourni d’orientations prospectives sur sa politique, mais advenant un tel scénario, une hausse des taux ferait probablement l’objet d’une décision difficile, et deviendrait d’autant plus probable si le scénario grave, c.-à-d. une hausse plus persistante des prix de l’énergie, semblait se concrétiser.

  • La Banque d’Angleterre a été la plus ferme des banques centrales du G7, compte tenu de ses difficultés persistantes à ramener son inflation à la cible. Le comité de la politique monétaire s’est dit « attentiste au risque grandissant de pression inflationniste dans le pays en raison des effets subséquents sur les salaires et la fixation des prix » et « se tient prêt à prendre des mesures au besoin » pour s’assurer que l’inflation revienne à sa cible à moyen terme.

    Le comité semble ouvert à un relèvement des taux dès sa prochaine réunion en avril, sachant que les six prochaines semaines seront révélatrices de l’ampleur et de la durée du choc et dévoileront des données préalables sur sa direction éventuelle.

  • La Banque du Japon a maintenu son taux directeur inchangé et adopté un ton relativement neutre. Toutefois, le gouverneur Ueda a déclaré qu’un peu plus de membres du conseil étaient plus préoccupés par les risques de hausse de l’inflation que par les risques de baisse de la croissance (et de l’inflation).

    Parmi les économies du G7, nos modèles indiquent que le Japon est le pays le plus vulnérable à un choc énergétique étant donné sa forte dépendance à l’égard des importations. La Banque du Japon avait déjà relevé les taux graduellement et les attentes du marché ont peu changé.

  • La Banque de réserve d’Australie (RBA) a augmenté son taux des liquidités lors d’une deuxième réunion consécutive, bien que le vote ait été serré à cinq voix contre quatre. Une autre hausse était déjà prévue avant le conflit (quoiqu’en mai plutôt qu’en mars). La hausse des prix de l’énergie renforce les arguments en faveur d’une hausse, la RBA indiquant qu’il existe un risque important que l’inflation reste supérieure à la cible plus longtemps que prévu.

    Le gouverneur Bullock a déclaré qu’en raison de la demande excédentaire dans l’économie australienne, la réaction de la RBA était différente de celle des autres banques centrales.

En résumé, les banques centrales qui avaient déjà entamé un resserrement monétaire (la Banque du Japon et la RBA) sont susceptibles d’augmenter davantage leurs taux. La hausse des prix de l’énergie a moins d’incidence sur les économies du Canada et des États-Unis, ce qui réduit la probabilité de hausse des taux pour contrer l’inflation. La Banque du Canada et la Fed semblent être les plus enclines à passer outre ce choc des prix. L’Amérique du Nord a l’avantage d’être largement épargnée par la hausse des prix du gaz naturel, compte tenu de l’importance de l’offre dans la région.

La BCE et la Banque d’Angleterre sont confrontées au double choc des prix du pétrole et du gaz naturel,  ce qui intensifie les pressions inflationnistes. Elles semblent sur le point de relever leurs taux pour limiter tout effet subséquent. Le choc des prix de l’énergie de 2022, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, reste apparemment un souvenir douloureux pour ces banques centrales.

Les décideurs ont souligné la grande incertitude quant à l’ampleur et à la durée du choc actuel des prix de l’énergie. La diversité de leurs tons et orientations prospectives suggère que les fonctions de réaction varient assez nettement d’une banque centrale à l’autre . . .

Les conditions intérieures apportent une nuance supplémentaire. La Banque du Canada a semblé plus conciliante en raison de la morosité de l’économie canadienne et d’une inflation proche de sa cible. La Banque d’Angleterre a été la plus ferme du fait de ses difficultés préexistantes à ramener l’inflation à sa cible.

Pour toutes les banques, à l’exception de la Banque du Japon, les attentes du marché se sont fortement positionnées en faveur d’un resserrement monétaire au cours des dernières semaines (voir le graphique), et cette tendance s’est même accélérée lorsque les investisseurs ont terminé d’assimiler les commentaires des banques centrales. Nous pensons qu’une partie de cette réaction est exagérée, à moins que les prix de l’énergie soient perturbés plus longtemps que ne l’indique la courbe actuelle des contrats à terme sur le pétrole.

Néanmoins, les banques centrales ont toutes noté qu’il existe une grande incertitude en ce qui concerne la durée du conflit et ses effets sur les marchés de l’énergie. L’incertitude entourant l’orientation future des politiques monétaires est donc inhabituellement élevée.

- JN

Thèmes des téléconférences sur les résultats

La période de publication des résultats de l’indice S&P 500 tire à sa fin, et le moment est venu de faire un point trimestriel sur la façon dont les commentaires des équipes de direction et les questions et réponses des analystes évoluent au regard des grands thèmes économiques. Le tableau ci-dessous présente notre sommaire habituel des mots-clés les plus couramment mentionnés lors des téléconférences sur les résultats et les changements les plus notables par rapport à l’an dernier.

Ce trimestre-ci, nous avons utilisé Assistance Pro RBC, un outil d’IA générative, afin de compléter notre analyse et mieux cerner les thèmes pertinents et émergents en fonction de la prévalence, du ton et du sentiment. De plus, nous avons extrait des citations représentatives des téléconférences sur les résultats afin de donner du contexte. Aucune partie de ce rapport n’a été rédigée par IA.

IA et apprentissage automatique

Sans surprise, l’IA et l’apprentissage automatique demeurent au cœur des téléconférences sur les résultats. Ces thèmes sont au quatrième rang de toutes les mentions (derrière les termes financiers plus génériques), et connaissent de loin la plus forte augmentation de mentions par rapport à l’an dernier.

De même, notre outil d’IA estime que la prévalence de ce thème est très élevée et à la hausse. Le sentiment demeure globalement positif, comme en témoignent les termes « accélération », « transformation » et « occasion générationnelle » souvent utilisés.

Les dépenses en immobilisations liées à l’IA demeurent un thème prévalent. Les prévisions consensuelles concernant les dépenses des cinq grands fournisseurs de services infonuagiques ont déjà été revues à la hausse pour 2026, passant de 536 milliards de dollars au début de l’année à 677 milliards de dollars, en raison des prévisions optimistes des sociétés technologiques.

Bien que le secteur de la technologie représente la moitié des mentions liées à l’IA au dernier trimestre, 7 secteurs parmi les 10 restants ont vu les conversations sur l’IA et l’apprentissage automatique plus que doubler par rapport à l’année précédente, en particulier les secteurs de la finance, des produits industriels et des soins de santé (voir le graphique).

Selon notre analyse par IA, environ la moitié des entreprises ont mentionné l’IA au cours du dernier trimestre. Selon une analyse distincte de Bloomberg portant sur les annonces de résultats, la moitié des secteurs ont fait état de fortes dépenses en immobilisations dans l’IA ou d’une plus profonde intégration de l’IA dans les opérations.

En ce qui concerne ce dernier point, l’adoption de l’IA en dehors du secteur de la technologie est motivée par la réduction des coûts et l’efficience opérationnelle, tandis que les secteurs en contact avec les consommateurs l’utilisent pour augmenter leurs revenus.

Un sondage périodique de McKinsey signale également une progression de l’adoption de l’IA et révèle que l’innovation est l’avantage le plus souvent cité (près des deux tiers des répondants constatent une incidence positive au cours de la dernière année). L’amélioration des coûts, de la rentabilité et de la croissance interne des revenus a été moins citée – de 33 % à 38 % des répondants ont mentionné ces aspects.

Les fonctions comme le génie logiciel, la fabrication et la technologie de l’information sont celles qui ont le plus largement mentionné les baisses de coûts, tandis que les gains de revenus ont été plus prévalents dans les fonctions du marketing et des ventes, de la stratégie et du financement des entreprises, et du développement de produits.

Ces effets ont toutefois été modestes, dans leur ensemble. La plupart des répondants ayant fait état d’économies de coûts ont constaté des réductions de moins de 10 %, tandis que ceux qui ont constaté une hausse des revenus ont indiqué des augmentations de 5 % tout au plus.

Les sociétés qui adoptent l’IA pourraient voir des avantages plus marqués sur leurs résultats à mesure que la technologie sera mieux intégrée dans les organisations. Selon le sondage de McKinsey, environ un tiers des répondants ayant adopté l’IA l’utilisent dans au moins quatre fonctions de l’entreprise, soit plus du double par rapport au début de 2024. Selon Bloomberg, le thème le plus courant lié à l’IA au cours du dernier trimestre a été l’accélération des économies au cours des deux prochaines années.

Droits de douane et marges

Les droits de douane ont connu la plus forte baisse de mentions d’une année sur l’autre. Notre analyse par IA révèle que les droits de douane demeurent un sujet hautement prévalent, mais dans une moindre mesure qu’au premier semestre de l’année dernière, lorsque l’incertitude entourant la politique commerciale était à son apogée. Le pessimisme entourant les droits de douane s’est atténué. Le ton est passé d’alarmiste à routinier, les équipes de direction utilisant à présent des termes comme « obstacles surmontables » et « effets mitigés avec succès ».

Les sociétés se sont adaptées aux droits de douane en adoptant des stratégies de prix, de diversification des chaînes logistiques et de gestion des coûts. Les marges ont été le troisième sujet de conversation, mais les mentions ont légèrement diminué par rapport à l’an dernier.

Bien que les droits de douane aient impacté les marges dans un certain nombre de secteurs – et même si les coûts liés aux droits de douane resteront probablement élevés en 2026 – Bloomberg constate que de nombreuses entreprises ont réussi à atténuer le choc grâce à des contrôles des coûts et à des gains d’efficience dans d’autres fonctions.

En ce qui concerne les prix, de nouveaux signaux indiquent une répercussion des droits de douane alors que les entreprises reconstituent leurs stocks et cherchent peut-être à atténuer davantage la compression des marges. Comme nous l’avons mentionné précédemment, les sociétés importatrices ont absorbé une part étonnamment importante des coûts liés aux droits de douane (environ la moitié) et répercuté seulement un tiers de ce coût sur les consommateurs, tandis que le reste a été absorbé par les exportateurs étrangers (par le biais de baisses de prix).

Mais cette dynamique commence à changer, une part plus importante des coûts étant répercutée sur les consommateurs tandis que les importateurs en assument moins. Nous estimons que la part des exportateurs étrangers n’a pas beaucoup changé.

Cette tendance se reflète dans une nouvelle hausse des prix à la consommation pour certains des produits les plus sensibles aux importations, alors que les répercussions des droits de douane semblaient s’atténuer à la fin de l’année dernière. Les marges du commerce au détail et de gros, mesurées par l’indice des prix à la production, sont également reparties à la hausse (voir le graphique), ce qui conforte l’idée que la répercussion des coûts sur les consommateurs est en augmentation.

Accessibilité

Juste après l’IA, le thème de l’accessibilité a enregistré la plus forte hausse des mentions par rapport à l’an dernier. De nombreuses sociétés ont fait état d’une demande des consommateurs à deux vitesses, conforme à la dynamique en K dont il a été question précédemment.

Les équipes de direction ont noté que les consommateurs se rabattent sur des prix moins élevés. Bloomberg laisse entendre que certaines sociétés ont signalé une baisse de leur pouvoir d’établissement des prix, du fait les consommateurs sensibles aux prix ne veulent pas absorber une hausse des prix – cette affirmation semble toutefois contredire les signes d’une plus forte répercussion des droits de douane, comme nous l’avons évoqué précédemment.

Notre analyse par IA révèle que le sentiment à l’égard de la consommation est devenu légèrement négatif au second semestre de l’année dernière, comme en témoignent les références plus nombreuses à la prudence des consommateurs. En début d’année, le sentiment s’est quelque peu amélioré (bien qu’il demeure nettement négatif), avec un ton moins alarmiste concernant la demande des consommateurs. Selon Bloomberg, les récents commentaires des équipes de direction pointent en général vers la résilience de la demande des consommateurs.

Vents contraires et vents favorables

Par rapport à l’an dernier, les mentions de vents favorables ont augmenté au dernier trimestre, tandis que celles de vents contraires ont nettement diminué (en deuxième position après les droits de douane). Les références à un ralentissement économique ont également reculé de manière marquée par rapport au T2 2025, période où les craintes de récession culminaient.

Bloomberg rapporte par ailleurs que près des deux tiers des industries ont constaté une accélération de l’activité économique, portée par une meilleure visibilité sur les droits de douane, l’adoption accrue de l’IA et la baisse des taux d’intérêt.

La plupart des annonces de résultats ont eu lieu avant l’escalade du conflit en Iran, désormais perçu comme un risque majeur pour l’économie. Notre outil d’IA montre que la géopolitique est restée un sujet dominant, avec une urgence accrue, et que les annonces de mars reflètent une inquiétude grandissante depuis le début du conflit.

Nous avons relevé plusieurs vents favorables pour l’économie américaine en 2026 :

  • une politique monétaire moins restrictive (y compris les effets différés de l’assouplissement de l’an dernier)

  • un soutien budgétaire (notamment d’importants remboursements d’impôts en 2026 pour les consommateurs)

  • les effets de richesse liés à la hausse des marchés boursiers (eux aussi décalés dans le temps)

  • un affaiblissement du dollar américain, les investissements liés à l’IA et une croissance plus forte de la productivité.

Cela dit, les prix de l’énergie sont brusquement passés d’un vent favorable à un vent contraire, compromettant certains des autres facteurs de soutien : les marchés boursiers ont reculé par rapport à leurs sommets, les baisses de taux semblent moins probables (des hausses étant même envisagées) et le dollar américain s’est apprécié.

Mais certains soutiens demeurent importants (les remboursements d’impôts offriront aux consommateurs une marge pour maintenir leurs dépenses malgré la hausse des prix du carburant, la croissance de la productivité reste robuste) ou se sont même renforcés (les estimations des dépenses en immobilisations liées à l’IA continuent d’être révisées à la hausse).

- JN

Performance des modèles d’IA

Comme indiqué dans un numéro précédent du #MacroMémo, la progression spectaculaire des capacités des modèles d’IA récemment publiés, ainsi que de leurs variantes optimisées pour le codage, a ébranlé l’ensemble du secteur logiciel. Elle a aussi eu des répercussions sur d’autres entreprises, dont les modèles économiques pourraient être touchés par des perturbations.

Les tests les plus récents mettent en évidence ce bond de performance. L’outil d’évaluation METR examine la tâche la plus longue (selon le temps d’exécution d’un expert humain) qu’un modèle d’IA peut mener à bien avec un taux d’exactitude d’au moins 50 %. L’un des nouveaux modèles, Claude Opus 4.6 d’Anthropic, a atteint un score de 12 heures, contre moins de 5 heures pour la génération précédente, évaluée trois mois plus tôt.

Comme le montre le graphique, une progression exponentielle apparaît linéaire lorsqu’elle est représentée sur une échelle logarithmique.

Le rythme d’amélioration observé dans le graphique s’est nettement accéléré. Les scores METR progressent d’environ 6,4 fois par an depuis 2024 (la période illustrée). Leur hausse était de 3,6 fois par an entre 2020 et 2024.

Bien que METR évalue principalement des tâches de génie logiciel, d’apprentissage automatique et de cybersécurité, une mesure plus large portant sur 37 références compilées par Epoch AI montre une accélération similaire. Les capacités des modèles de pointe ont progressé près de deux fois plus vite au cours des deux dernières années que durant les deux années précédentes. Cette accélération coïncide avec la montée en puissance des modèles de raisonnement et des techniques d’apprentissage par renforcement dans le développement des modèles.

Ces résultats peuvent être perçus comme encourageants (ou préoccupants), mais ils doivent être contextualisés. Rappelons que METR se concentre essentiellement sur des tâches de développement logiciel. Les concepteurs de modèles ont concentré leurs efforts sur le codage afin d’accélérer encore davantage le développement des modèles.

Les générations précédentes ont d’ailleurs contribué à entraîner les derniers modèles d’Anthropic et d’OpenAI. Il est toutefois possible que les capacités de codage de ces modèles ne reflètent pas nécessairement le niveau de compétence qu’ils pourraient atteindre dans d’autres domaines.

La rapidité croissante avec laquelle les modèles de pointe réussissent de nouveaux tests difficiles montre clairement que les capacités de l’IA continuent de s’améliorer à un rythme soutenu.

METR note par ailleurs qu’un horizon de plus de huit heures, équivalent à une journée de travail, ne signifie pas que tous les emplois de bureau peuvent être entièrement automatisés. Cette mesure de durée reflète davantage des tâches spécifiques qu’un nouvel employé ou un prestataire en ligne pourrait accomplir, et non ce qu’un professionnel humain réalise réellement au cours d’une journée de travail. La plupart des emplois ne se composent pas de tâches bien définies et algorithmiques, telles que celles évaluées par ces références.

Les références hors codage sont elles aussi généralement étroites et centrées sur des tâches très spécifiques. Elles sont souvent calibrées à un niveau « atteignable », des tests trop simples ou trop complexes n’apportant que peu d’enseignements aux concepteurs de modèles.

Par conséquent, les références finissent par se « saturer » et devenir obsolètes en quelques années, les modèles atteignant des scores si élevés qu’ils ne permettent plus de différencier les performances. Cela dit, la rapidité croissante avec laquelle les modèles de pointe réussissent de nouveaux tests difficiles montre clairement que les capacités de l’IA continuent de s’améliorer à un rythme soutenu.

Il est évident qu’une avancée majeure dans le développement des modèles pourrait encore élargir les capacités de l’IA.

De nouvelles références sont élaborées pour mieux mesurer la performance des modèles dans des tâches réelles, non liées au codage, et présentant un intérêt économique. Toutefois, Epoch AI note que les tâches couvertes demeurent bien définies et relativement circonscrites. L’établissement d’un devis pour un client potentiel ou la production de rendus numériques d’aménagement intérieur en sont des exemples.

Les progrès réalisés ne permettraient donc pas d’automatiser entièrement les emplois de bureau, mais indiqueraient plutôt une évolution de la manière dont ces emplois seront effectués à l’avenir. Par exemple, l’exécution manuelle des tâches serait accélérée, tandis que la planification, la délégation et la vérification resteraient du ressort des humains.

Il est évident qu’une avancée majeure dans le développement des modèles pourrait encore élargir les capacités de l’IA. Le prochain saut de performance pourrait provenir des modèles en préparation, entraînés sur les processeurs graphiques Blackwell de Nvidia. Selon certaines informations, DeepSeek serait sur le point de publier un modèle développé à l’aide de puces Blackwell introduites clandestinement en Chine, en dépit des interdictions d’exportation imposées par les États‑Unis.

DeepSeek a attiré l’attention début 2025 en dévoilant un modèle puissant conçu avec des ressources financières modestes, mais il aurait été entraîné à partir des résultats d’autres modèles nettement plus coûteux. Cet épisode a alimenté les interrogations sur la position de leader des États-Unis dans le développement de modèles d’IA. Cependant, les modèles américains de pointe demeurent supérieurs aux modèles chinois, qui affichent en moyenne un retard technologique d’environ sept mois (voir graphique).

Cette émergence de DeepSeek l’année dernière témoigne du fait que, lorsqu’il est question de la performance de l’IA, il n’y a pas que les notes de référence qui comptent. Le coût de l’entraînement et de l’exécution des modèles, leur efficacité computationnelle et l’énergie consommée importent tout autant. Voici un survol des dernières tendances à ce chapitre.

  • La puissance de calcul nécessaire pour entraîner des modèles fondateurs a quintuplé chaque année depuis 2020. Les coûts d’entraînement et les besoins en énergie augmentent chaque année d’un facteur de 3,5 et de 2, respectivement. Compte tenu du fait que la performance des modèles s’est améliorée, au cours des dernières années, à un rythme de 6,4 fois par an, il semble que le rendement du capital investi dans les capacités d’IA suit une trajectoire ascendante plutôt que descendante.

  • La performance des modèles d’IA augmente plus rapidement que la puissance de calcul supplémentaire qui leur est consacrée. (Les coûts nécessaires pour assurer une amélioration donnée des modèles diminuent de façon encore plus importante.)

  • Pour un niveau de performance donné d’un modèle, les coûts d’inférence (c’est-à-dire, les dépenses liées à l’utilisation d’un modèle entraîné pour formuler des prévisions à partir de nouvelles données) diminuent de 40 fois par an. Pour certaines tâches, la réduction annuelle est exponentiellement supérieure.

  • Les modèles de raisonnement qui ont contribué à l’accélération de la performance évoquée plus haut ont des coûts d’inférence ainsi que des besoins informatiques et énergétiques beaucoup plus importants que les grands modèles de langage standards.

  • Les plus petits modèles gagnent en puissance. La puissance de calcul requise pour l’entraînement nécessaire à l’atteinte d’étalons de rendement donnés diminue d’un facteur trois chaque année.

La croissance exponentielle de la puissance de calcul ainsi que l’augmentation considérable de la quantité d’énergie nécessaire à l’exploitation de modèles fondateurs témoignent de la volonté des sociétés à grande échelle de construire des centres de données et des capacités de production d’énergie supplémentaires pour pouvoir maintenir ou accélérer le rythme actuel de développement.

Par ailleurs, la baisse des coûts d’inférence et l’amélioration de l’efficacité computationnelle et énergétique des petits modèles devraient contribuer à une diffusion plus large de l’IA générative. Les capacités de l’IA constituent certes l’un des moteurs de son adoption, mais cette dernière dépend aussi du coût de sa mise en œuvre.

Dans l’ensemble, l’amélioration récente de la performance des modèles est encourageante si l’on évalue cette dernière par rapport à des valeurs de référence encore spécifiques et à de tâches bien définies. Ces tendances semblent concorder avec le scénario d’une « technologie à usage général majeure » énoncé dans notre rapport précédent plutôt que celui d’une « force de rupture sans précédent ».

Cela dit, compte tenu du rythme exponentiel auquel évoluent bon nombre de ces variables et du potentiel de nouvelles améliorations significatives de la performance, nous devrions rester ouverts à un large éventail d’éventualités.

- JN

Plan de match de la Maison-Blanche sur les droits de douane

En mars, l’administration Trump a lancé, en vertu de l’article 301, de nouvelles enquêtes sur les pratiques commerciales déloyales de gouvernements étrangers. Cette démarche continue de s’inscrire dans le plan de match que nous avions anticipé après l’annulation des droits de douane imposés en vertu de l’IEEPA par la Cour suprême en février, sous réserve de quelques nuances inattendues.

La première étape a consisté à imposer temporairement des droits de douane de base en vertu de l’article 122. M. Trump a approuvé cette mesure quelques heures seulement après la décision de la Cour suprême. Après avoir établi un taux de 10 %, l’administration a immédiatement menacé d’augmenter ce dernier à 15 % (le maximum autorisé en vertu de l’article 122), mais n’est pas encore passée à l’acte. Puisque les droits de douane en vertu de l’article 122 ne durent que 150 jours et font déjà l’objet de recours judiciaires, la Maison-Blanche a besoin de pouvoirs plus durables pour maintenir des droits de douane plus élevés.

L’article 301 donne à l’administration la plus grande marge de manœuvre pour réinstaurer les droits de douane propres à chaque pays qui avaient été imposés en vertu de l’IEEPA. C’est là le levier dont M. Trump s’était servi pour la plupart des droits de douane imposés à la Chine au cours de son premier mandat. Nous nous attendions à ce que des enquêtes accélérées sur les principaux partenaires commerciaux des États-Unis permettent la mise en place de droits de douane au titre de l’article 301 avant l’expiration, à la fin juillet, de ceux imposés en vertu de l’article 122. Or, l’administration semble emprunter une voie légèrement différente.

Au lieu d’enquêter sur des pays en particulier, le Bureau du représentant américain au Commerce se penchera sur des questions plus larges. Il examinera les surcapacités de production (possiblement appuyées par les politiques industrielles des gouvernements) et la suffisance des mesures prises par les pays pour limiter les importations issues du travail forcé. La première enquête vise 16 pays (soit la plupart des principaux partenaires commerciaux des États-Unis). La deuxième portera sur 60 pays (dont les 16 pays visés par la première).

La Maison-Blanche a laissé entendre que d’autres enquêtes en vertu de l’article 301 pourraient avoir lieu. Cette approche semble permettre, dans un court laps de temps, un élargissement encore plus important de l’application des droits de douane. L’article 301 prévoit un processus d’enquête et de consultation, les audiences publiques devant s’achever début mai. Cela laisse suffisamment de temps à l’administration pour mettre en place les droits de douane d’ici juillet.

On ne peut pas affirmer avec certitude que les droits de douane au titre de l’article 301 seront identiques à ceux imposés en vertu de l’IEEPA.Les enquêtes du Bureau du représentant américain au Commerce pourraient aboutir à des résultats quelque peu différents.

Toutefois, l’administration ayant laissé entendre qu’elle disposait des moyens nécessaires pour compenser une grande partie des pertes de recettes douanières liées à l’invalidation des droits de douane imposés en vertu de l’IEEPA, on peut s’attendre à un certain redressement du taux effectif des droits de douane américains au cours de l’été (voir le graphique).

- JN

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