Dans cette présentation, Dylan Rae, gestionnaire de portefeuille institutionnel, s’entretient avec Dijana Jelic, spécialiste de produit au sein de l’équipe Actions, Marchés émergents RBC, à RBC GAM-UK, au sujet du rendement supérieur récent des actions des marchés émergents et de ses perspectives pour cette catégorie d’actif.
Voici certains des sujets abordés dans cet épisode :
Le changement des meneurs au sein des marchés boursiers, les investisseurs ayant délaissé les titres américains au profit d’actifs non américains, en particulier ceux des marchés émergents (ME).
L’incidence relativement modeste des droits de douane sur les pays des ME, la tendance continue de découplage des échanges commerciaux avec les États-Unis et la croissance du commerce régional entre les pays des ME.
Les facteurs macroéconomiques qui soutiennent le rendement à long terme des actions de marchés émergents (ME), notamment la dépréciation du dollar américain, l’accélération de la croissance du PIB, la situation démographique favorable et l’augmentation des bénéfices.
Il est important de faire la distinction entre les entreprises internationales du secteur des ME et les sociétés axées sur la croissance de la consommation intérieure au sein des ME.
Cet épisode de balado a été enregistré le 21 juillet 2025.
Temps d'écoute : 17 min 24 secs
Transcription
Bonjour et bienvenue au balado Le pouls du secteur institutionnel, dans lequel nous traitons de sujets intéressants et pertinents pour les investisseurs institutionnels. Je m’appelle Dylan Rae, et je suis gestionnaire de portefeuilles au sein de l’équipe PH&N Institutionnel. Je serai votre animateur pour l’épisode d’aujourd’hui au cours duquel nous allons nous pencher sur le sujet des actions des marchés émergents qui, à la surprise de nombreux investisseurs, ont offert des performances exceptionnelles cette année, l’indice général des actions des marchés émergents ayant largement mieux fait que les indices des actions des marchés développés mondiaux et des États-Unis.
Comme nos auditeurs le savent, RBC Gestion mondiale d’actifs dispose à travers le monde de plusieurs équipes de placement qui gèrent un large éventail de catégories d’actifs, au rang desquelles figurent les actions de marchés émergents. Et, au sein de notre entreprise, personne n’est mieux placé que ma collègue et amie, Dijana Jelic, pour discuter de ce qui se passe sur les marchés émergents.
Dijana fait partie de l’équipe Actions mondiales RBC GAM-UK, et elle nous rejoint aujourd’hui depuis Londres, en Angleterre. Dijana, merci beaucoup de nous accorder un peu de temps aujourd’hui. Et bienvenue au balado Le pouls du secteur institutionnel.
Bonjour. Je suis ravie d’être ici, Dylan.
Formidable. Comme j’ai commencé l’épisode en mettant l’accent sur les rendements, peut-être pourrions-nous parler tout d’abord de cet aspect. Pourriez-vous nous en dire plus sur la façon dont les actions de marchés émergents se sont comportées jusqu’à présent cette année et nous éclairer sur les principaux facteurs qui ont eu une incidence sur ces résultats ?
Vous savez, si l’on tente de déterminer quel a été le facteur déclencheur de cette situation, il me semble que le principal facteur tient à l’incertitude accrue sur le plan de la politique commerciale et économique des États-Unis dont nous avons été témoins. Et cette réalité a coïncidé avec une forte dépréciation du dollar américain. De sorte qu’après environ 13 années d’un marché haussier très vigoureux en faveur du dollar américain, nous avons en fait assisté à la pire performance de cette devise au cours du premier semestre en plus de 50 ans.
Le dollar américain a donc reculé d’environ 10 % en date de juin. Et il me semble que ce qui est extrêmement révélateur, lorsqu’on examine la performance du dollar américain, c’est qu’il n’a pas réussi à se redresser malgré un mouvement d’aversion au risque, qui fut en fait l’annonce des droits de douane liés au « Jour de la libération » en avril dernier. Il s’agit là de la première fois qu’une telle situation s’est produite depuis 1987 et le krach boursier Wall Street.
De sorte que, oui, cette année a donné lieu à un certain nombre d’événements vraiment intéressants. Maintenant, si nous nous attardons d’un peu plus près au rendement des actions des marchés émergents, je pense qu’un aspect positif tient au fait que cette performance s’étend véritablement. Si la catégorie d’actifs a enregistré un rendement très intéressant dans son ensemble, elle a été le fruit de l’impulsion de nombreux marchés différents et de nombreux facteurs différents. Ainsi en est-il des marchés technologiques de la Corée et de Taiwan qui, une fois de plus, ont pris la tête au deuxième trimestre.
De plus, un certain nombre d’événements politiques positifs ont été des facteurs déterminants pour de nombreux marchés. Citons par exemple le cas de la Corée du Sud, où nous avons assisté à la fin de l’impasse politique, sans compter le Brésil et l’Amérique latine en général. En ce qui concerne les secteurs, les technologies de l’information, comme nous l’avons constaté à l’échelle du monde entier, ont une fois de plus surperformé au cours du dernier trimestre. Il faut également parler du secteur financier, un secteur dont nous sommes particulièrement friands et qui a connu quelques années difficiles, alors que les rendements ont été quelque peu mis à mal, cependant que nous avons de nouveau pu observer cette année de très bons résultats de ce secteur. Et nous sommes d’avis que les perspectives futures sont très bonnes.
Formidable. Vous venez donc d’évoquer ces droits de douane tant redoutés. Plusieurs des cibles les plus particulièrement visées par l’administration Trump sont des pays de marchés émergents. Je pense notamment à la Chine, au Mexique, à l’Inde et à l’Afrique du Sud. Pourriez-vous nous faire part de votre évaluation actuelle de l’incidence des droits de douane sur les marchés émergents, et souligner en quoi votre évaluation diffère peut-être des attentes actuelles des marchés quant à l’impact des droits de douane et, de manière plus générale, sur la démondialisation ?
Bien sûr. À l’évidence, la situation demeure très incertaine. Nous ne savons pas exactement, comment dirais-je, à quels taux les droits de douane seront ultimement fixés pour chacun des marchés. Cependant, je pense que, si l’on examine ce qui s’est passé au cours des derniers mois depuis le « Jour de la libération », il me semble que notre principale préoccupation, du point de vue des actions des marchés émergents, était la Chine.
Vous savez, nous avions le sentiment que le président Trump risquait de délaisser une stratégie visant l’ensemble des pays au profit d’une autre, qui aurait eu pour objectif d’isoler à Chine. Mais, dans les faits, nous pensons aujourd’hui qu’un accord entre les États-Unis et la Chine est de plus en plus vraisemblable puisque la Chine a vraiment, me semble-t-il, démontré sa force. Et il me semble que les États-Unis ont peut-être sous-estimé dans quelle mesure ils étaient tributaires de la Chine, tant pour ce qui est des terres rares que d’autres exportations, sans compter le fait que, lorsqu’on regarde ce qui se passe en Chine sur le plan de l’innovation technologique, en évoquant par exemple le cas de DeepSeek, j’ai l’impression que les États-Unis commencent à se demander si le fait de restreindre l’accès de la Chine à certaines puces haut de gamme a vraiment constitué une mesure positive ou si elle s’est en fait retournée contre eux en incitant la Chine à innover et à progresser encore plus rapidement.
Voilà donc quelques remarques préliminaires que je vous soumets. Mais, de manière générale, je dirais que, si l’on prend du recul et qu’on examine l’exposition des marchés émergents aux États-Unis, nous sommes en fait plutôt rassurés de constater que l’exposition de la plupart des économies émergentes est relativement faible.
De sorte que, si l’on examine, à titre d’exemple, la part des États-Unis dans les exportations totales ou la part qu’elles représentent du PIB total, cette part est en fait comprise entre 10 % et 15 %, voire inférieure à 10 % pour la plupart des économies. Il me semble que le Mexique constituerait la seule exception, alors que ce pays est vraiment tributaire des exportations américaines, plus de 80 % de ses exportations étant destinées aux États-Unis.
Mais dans l’ensemble, en fait, nous pensons que le Mexique est actuellement dans une position plutôt favorable. Nous pensons que la présidente Sheinbaum est parvenue à négocier avec le président Trump et à manœuvrer habilement. Et nous estimons généralement que l’Amérique latine, en tant que région, pourrait se retrouver relativement renforcée par rapport à d’autres marchés dans cette conjoncture. Et, à plus long terme, ce qui importe probablement le plus selon moi, est la perspective d’un découplage des échanges commerciaux entre les marchés émergents.
Nous observons en effet que les marchés émergents commencent de plus en plus à commercer entre eux. En date d’aujourd’hui, près de 50 % de toutes les exportations des marchés émergents sont destinées à d’autres économies émergentes. Et si l’on tient compte du fait que ce sont vraiment ces marchés qui représentent les perspectives de croissance en ce qui concerne la consommation par rapport à l’économie, nous pensons en fait que cela est vraiment bénéfique pour la région dans son ensemble.
Voilà donc une excellente façon de passer au sujet que j’aimerais aborder maintenant, à savoir les perspectives des marchés émergents. Comme nous l’avons souligné plus tôt, les marchés émergents ont connu une forte croissance cette année, surpassant largement celle de leurs homologues développés. De nombreux investisseurs, dont nous-mêmes, se montrent optimistes quant à la capacité des marchés émergents à reprendre leur leadership sur les marchés développés sur une période prolongée du simple fait des aspects fondamentaux tout à fait sains qui les sous-tendent.
Pouvez-vous nous présenter cette thèse de manière générale et nous faire part des dernières perspectives de votre équipe en ce qui concerne les actions de marchés émergents ?
Oui, je pense que, comme vous venez de le souligner, Dylan, nous parlons de cela depuis longtemps et avons observé que les fondamentaux ont évolué en faveur des marchés émergents depuis un certain nombre d’années. Cependant, ce que nous commençons à constater aujourd’hui est le fait que de plus en plus d’investisseurs se demandent si nous en sommes réellement à un point tournant et si Trump est vraiment le déclencheur de ce changement de régime.
Si nous prenons un peu de recul et que nous examinons le rendement des actions, nous constatons que le comportement relatif des actions des marchés émergents et de celles des marchés développés évolue selon des cycles très longs. Si l’on remonte à 1990, soit à il y a 35 ans, nous avons été témoins de deux longs cycles au cours desquels les marchés émergents ont surperformé, suivis de deux longues périodes durant lesquelles ils ont sous-performé, notamment au cours des 12, 13 ou 14 dernières années.
Et, lorsque nous nous penchons sur les facteurs qui ont influencé ces cycles relatifs, deux d’entre eux ressortent particulièrement. Il faut tout d’abord parler du dollar américain. Il existe une forte corrélation négative entre le dollar américain et la performance relative des actions de marchés émergents, ainsi qu’avec la croissance relative du PIB et les bénéfices relatifs. Et tous ces facteurs évoluent aujourd’hui en faveur des marchés émergents.
Ainsi donc, le dollar américain a été, me semble-t-il, la dernière pièce du domino à tomber. De plus en plus, les investisseurs se posent la même question, et nous estimons vraiment que cette question consiste à savoir si la faiblesse du dollar américain est désormais structurelle. Nous pensons qu’il y a de solides arguments en faveur de cette hypothèse. Si l’on prend l’exemple du président Trump lui-même, sa politique vise en effet à affaiblir le dollar américain.
En deuxième lieu, les États-Unis affichent un double déficit très important, soit un déficit budgétaire et un déficit courant élevés. Et, à terme, nous pensons qu’après que le dollar eut connu une très forte hausse, les valorisations, malgré la récente faiblesse, semblent en fait quelque peu exagérées pour le dollar américain. Il y a donc encore une certaine marge de manœuvre, notamment si l’on tient compte de la surexposition des investisseurs au dollar américain en actifs américains.
En ce qui concerne les autres facteurs que j’ai évoqués, à savoir la croissance du PIB, la raison évidente pour laquelle les gens choisissent d’investir dans les marchés émergents tient à leur croissance plus forte. Et, en effet, les marchés émergents représentent environ deux tiers de la croissance mondiale du PIB. Cependant, c’est vraiment cet écart entre la croissance du PIB des marchés émergents et celle des marchés développés qui a déterminé le rendement relatif des actions car, comme nous avons constaté au cours de la dernière décennie que cet écart s’est réduit.
Mais, là encore, cet écart se creuse en faveur des marchés émergents. Et la situation s’étend. De sorte qu’il n’est désormais plus simplement question de la Chine. Il faut désormais parler de l’Inde, de l’Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient. De nombreux facteurs et déterminants différents contribuent vraiment à cette forte croissance du PIB. Enfin, il faut parler des bénéfices. Les bénéfices ont été cycliquement faibles sur les marchés émergents pendant un certain nombre d’années.
Mais, là encore, nous commençons à observer une reprise, ce qui confirme que nous sommes désormais à l’aube d’un tournant qui devrait favoriser les actions de marchés émergents.
Vous avez donc abordé de nombreux aspects, tant au niveau des pays et des marchés que des différents secteurs. Voilà qui m’amène tout naturellement à la question suivante, qui consiste à vous demander de prendre un moment pour nous présenter brièvement le carnet de travail de votre équipe. Je sais que votre champ d’action est très vaste car, de toutes les équipes de placement avec lesquelles nous nous sommes entretenus, la vôtre est probablement celle dont l’éventail est le plus vaste.
Soit 24 pays, représentant plus de la moitié de la population mondiale. Et certainement plus de la moitié pour ce qui est de la croissance économique et de la contribution au PIB. Sans compter largement plus de 1 400 entreprises dans lesquelles il serait possible d’investir. Il est donc toujours fascinant d’en apprendre plus sur ce qui figure au programme de votre équipe ainsi que sur votre propre ordre du jour personnel en ce qui concerne la recherche et les déplacements. Êtes-vous en mesure de nous faire part de déplacements ou de mises à jour sur le plan de la recherche dignes de mention dont vous pensez qu’ils seraient intéressants, de telle sorte que les personnes qui nous écoutent sachent ce sur quoi vous mettez l’accent actuellement.
Oui. Comme vous le savez, Dylan, notre équipe est très centralisée. Nous travaillons tous très proches les uns des autres à Londres, qui est vraiment une plaque tournante pour les placements dans les marchés émergents. Si vous consultez notre calendrier, vous constaterez qu’il n’y a pas beaucoup de jours où l’un ou l’autre d’entre nous n’est pas en déplacement pour rencontrer les entreprises des marchés émergents. Mais vous avez raison, il est très important de se rendre sur place.
Nous faisons beaucoup de recherche sur le terrain. Quant aux activités qui ont été les nôtres cette année, je peux certainement dire qu’au début de cette année et à la fin de l’année dernière, nous avons effectué quelques déplacements en Amérique latine. Nous nous sommes rendus au Chili, en Argentine et au Mexique. Je pense qu’il s’agit d’une région très intéressante. Nous avons constaté que, dans ces pays, la politique peut avoir une incidence importante sur la façon dont nous investissons de même que sur le cours des titres.
Et nous avons observé des changements politiques plutôt radicaux, alors que des mandats de gouvernements successifs de gauche ont été suivis de phases au cours desquelles les gouvernements ont été plus favorables aux marchés, avec des gouvernements plus centristes. Et je dirais que ces dernières années ont été plutôt difficiles. En effet, elles ont été marquées par des politiques plus à gauche et la présence de dirigeants plus populistes.
Mais la situation est en train de changer. De nombreuses élections sont sur le point d’avoir lieu. Soit au Chili, en Colombie et au Pérou cette année, et au Brésil l’an prochain. Et l’on s’attend à ce que nous nous orientions de nouveau vers des politiques plutôt du centre, ce qui devrait être très bénéfique pour ces marchés. Du reste, nous avons déjà commencé à rechercher des occasions pour nous permettre de renforcer notre exposition tandis que les marchés eux-mêmes ont déjà commencé à se redresser du fait même.
Peut-être aussi devrais-je parler de Taiwan et de la Corée, puisque nous nous sommes rendus dans ces deux marchés en mars et qu’ils sont très axés sur les technologies, notamment dans le cas de Taiwan. Je pense que l’un des aspects intéressants au sujet de Taiwan est que, si l’on examine la rentabilité de l’indice MSCI Taiwan, elle a augmenté de manière tout à fait régulière au fil des ans. Et, en vérité, une grande partie de ce phénomène est attribuable à la technologie.
En effet, la majeure partie de la capitalisation boursière taïwanaise est déterminée par la technologie. Et il s’agit là d’entreprises qui ont vraiment progressé le long de la chaîne de valeur ajoutée. Qui mettent considérablement l’accent sur la R D et l’innovation. Il s’agit de joueurs très importants dans le domaine de l’IA, se négociant en vérité à une fraction de la valorisation des entreprises américaines. Il s’agit donc d’un marché que nous aimons beaucoup, mais à l’égard duquel nous avons déjà commencé à prendre quelques bénéfices, car les marchés émergents ont commencé à se comporter d’une manière tout à fait intéressante et que nous avons quelques inquiétudes à l’égard des dépenses d’investissement qui sont consacrées à l’IA, notamment de la part des fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle américains.
Très bien, merci. Comme toujours, il est très intéressant d’en apprendre plus sur ce qui figure à votre programme déjà chargé. J’aimerais conclure en évoquant ce que nos investisseurs nous disent au sujet des actions de marchés émergents. L’une des questions qui nous est souvent posée ces derniers temps consiste à savoir si les investisseurs peuvent tirer parti de la croissance des marchés émergents par l’intermédiaire de leurs gestionnaires d’actions mondiales, dont plusieurs détiennent une allocation relativement faible dans certaines entreprises qui exercent leurs activités à travers le monde, ou s’ils devraient plutôt continuer à maintenir une allocation distincte aux actions des marchés émergents.
Qu’en pensez-vous ? Et, pour poser la question un peu différemment, que pourriez-vous perdre ou que pourraient perdre les investisseurs en se remettant à leurs gestionnaires spécialisés dans les marchés développés pour obtenir une certaine exposition aux marchés émergents ?
Je pense qu’il s’agit là d’une question extrêmement intéressante et, d’ailleurs, Dylan, à titre anecdotique, je dois vous dire ceci : je travaille au sein de l’équipe depuis près de huit ans et ce qui est intéressant, c’est que nous avons sans doute connu le début d’année le plus chargé sur le plan des activités marketing. Nous avons enregistré cette année des entrées très importantes, et je pense qu’il est particulièrement intéressant d’observer qu’elles ne constituent plus désormais des possibilités de remplacement, mais que nous commençons à voir les investisseurs se tourner vers cette catégorie d’actifs pour la première fois ou chercher à renforcer leur exposition, ce qui est selon moi tout à fait révélateur et très intéressant.
Il me semble que l’autre point que j’aimerais porter à votre attention est que, lorsque j’observe certains gestionnaires de marchés développés, je constate que la majorité de leur exposition tient à des entreprises mondiales des marchés émergents. Cependant, nous sommes d’avis que ce sont plutôt les entreprises qui se préoccupent principalement des marchés émergents nationaux qui offrent des perspectives intéressantes. Si l’on replace cela dans le contexte de ces possibilités, les marchés émergents représentent plus de 85 % de la population mondiale et, comme je l’ai dit plus tôt, la majorité de la croissance du PIB mondiale. Notre objectif, en ce qui concerne cette catégorie d’actifs, est donc d’être vraiment exposé à ces dynamiques structurelles nationales. Et nous sommes d’avis que nous sommes actuellement en présence d’une certaine anomalie sur les marchés alors que, malgré le poids considérable que représentent les marchés émergents pour ce qui est de la population et de la croissance du PIB, ces marchés émergents ne représentent qu’environ 10 % de l’indice MSCI Monde tous les pays.
Cela ne nous semble pas vraiment logique. En ce qui concerne l’exposition nationale, je pense que ce qui est également intéressant, si l’on s’attarde à l’ensemble de la catégorie d’actifs des marchés émergents, c’est qu’elle s’est véritablement transformée au cours des dernières décennies. De sorte qu’elle ne représente plus, me semble-t-il, l’idée que se font certains investisseurs de placements axés sur les matières premières.
Je veux dire par là que les pays comme la Russie, qui ne figure plus dans l’indice, mais également des régions comme l’Amérique latine, ne représentent actuellement qu’une très petite partie de cette catégorie d’actifs. En vérité, c’est plutôt l’Asie qui y est représentée. Et, en ce qui concerne les secteurs, nous nous sommes vraiment éloignés des secteurs des matières premières, de sorte que l’énergie et les matériaux ne représentent désormais qu’environ 10 % de l’indice de référence. Et ce sont les secteurs de croissance structurelle, les secteurs de la consommation, des services financiers et des technologies qui déterminent vraiment l’exposition aux actions de marchés émergents.
Nous pensons donc qu’il est vraiment opportun, pour tirer pleinement parti de cette occasion de croissance structurelle, de se positionner davantage au niveau national dans ce type d’entreprises.
Voilà donc des points très intéressants auxquels il convient de s’attarder. Nous voici déjà arrivés à la fin de la période qui nous était réservée et nous allons donc conclure notre entretien. Permettez-moi, Dijana, de vous remercier et de vous dire que ce fut un véritable plaisir que de vous retrouver. Nous vous remercions sincèrement d’avoir partagé vos idées et vos points de vue avec nous. Et, bien évidemment, nous vous sommes reconnaissants d’avoir pris le temps de nous retrouver alors que vous en êtes à la fin de votre journée.
Je tiens également à remercier les personnes qui nous écoutent d’avoir pris le temps de se joindre à nous aujourd’hui. Nous espérons que vous serez à nouveau des nôtres lors du prochain épisode qui vous sera présenté dans quelques semaines. Merci et à bientôt.
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Conférencier invité :
Dijana Jelic, Spécialiste de produit, Actions, Marchés émergents, RBC Global Asset Management (UK) Limited
Animatrice :
Dylan Rae, Gestionnaire de portefeuille institutionnel, PH&N Institutionnel
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