Mark Dowding, BlueBay Chief Investment Officer, BlueBay Fixed Income, RBC Global Asset Management (UK) Limited summarizes the market in 2025 for Macro Fixed Income markets, and gives his thoughts for 2026.
US fixed income markets thrived in 2025, with Treasuries rallying significantly due to declining interest rates throughout the year. Robust US economic growth supported corporate credit outperformance, driving tighter spreads in both investment-grade and high-yield bonds.
European markets struggled as Germany’s fiscal expansion plans pushed Bund yields higher, steepening yield curves and weighing on index returns. French sovereign spreads deteriorated amid persistent fiscal challenges and political volatility, though spread movements remained contained ahead of 2027 elections.
In the UK we've seen longer-dated gilts struggle against a backdrop of uncertainty around policy credibility, despite Bank of England rate cuts contributing to a steeper yield curve.
In contrast, Japan’s economic strength led the Bank of Japan to raise rates, with new PM Sanae Takaichi’s reflationary policies pushing yields higher and steepening the curve. A reminder that policy and politics can be a major driving force in fixed income markets.
Global financial markets remained relatively stable despite Trump’s tariff policies, avoiding major disruption from trade tensions leading the US dollar to trade sideways for much of 2025.
For 2026, US economic momentum is expected to continue, with billions expected to be invested in AI, tax cuts, and deregulation, alongside resilient growth and rising inflation.
European markets are projected to remain subdued, with weak economic conditions and limited rate cuts.
Credit markets are favoured for carry income, with opportunities in subordinated financials and high-quality CLO tranches.
Japan and the UK are highlighted as markets prone to macro/political volatility, offering active management opportunities.
Durée : {{ formattedDuration }}
Transcription
L’année 2025 a été plutôt positive pour les marchés des titres à revenu fixe américains. Les bons du Trésor ont connu leur meilleure année depuis 2020, favorisés par la baisse des taux d’intérêt au cours de la période. Parallèlement, nous avons eu une économie relativement solide. C’est un facteur qui a aidé les titres de créance de sociétés à enregistrer un rendement supérieur avec des écarts resserrés, tant pour les obligations de catégorie investissement que pour les obligations à rendement élevé.
Sur les marchés des titres européens à revenu fixe, l’année n’a pas été des plus porteuses. Dans le contexte des plans d’expansion budgétaire annoncés par l’Allemagne au premier trimestre, nous avons observé une augmentation du taux du Bund allemand qui n’a pas vraiment profité au rendement des indices. En effet, au cours de l’année, nous avons constaté une accentuation des courbes de rendement, encore une fois en raison des changements entourant la demande de titres à revenu fixe qui est apparue concentrée sur de plus grandes positions de crédit plutôt que sur une exposition à la duration.
C’est quelque chose qui s’est reflété dans le récent changement de la législation néerlandaise à propos des caisses de retraite. Ailleurs en Europe, les écarts français se sont détériorés au cours de l’année. La France reste un pays qui vit au-dessus de ses moyens. L’instabilité politique n’est jamais très loin. Dans un même temps, je tiens à souligner que la volatilité des écarts demeure relativement contenue, dans la perspective des prochaines élections en 2027.
Par ailleurs, la politique a également pesé sur les taux d’intérêt. Nous avons vu les gilts à long terme en proie à des difficultés pendant la majeure partie de l’année, dans un contexte d’incertitude quant à la crédibilité des politiques face au gouvernement Starmer avec Rachel Reeves en tant que chancelière. Cela dit, nous avons aussi observé une baisse des taux d’intérêt du côté de la Banque d’Angleterre.
Cette approche a, cette fois encore, contribué à accentuer la courbe de rendement en cours d’année.
Au Japon, un discours plutôt différent et plus ferme, sur le plan économique, a amené la Banque du Japon à relever ses taux d’intérêt. Encore une fois, la politique a joué un rôle extrêmement important. Nous venons d’assister à l’entrée en fonctions de la première femme Première ministre au Japon. Sanae Takaichi a pris ses fonctions avec l’intention d’appuyer sur l’accélérateur pour ce qui est des politiques relatives à la reflation dans l’économie. Cette approche continue de pousser les taux vers le haut. Elle accentue également la courbe de rendement, peut-être en raison des préoccupations liées à l’inflation. Cette année encore, s’il en est besoin, rappelons que les politiques peuvent jouer un rôle déterminant dans l’évolution des marchés des titres à revenu fixe.
À l’inverse, il pourrait paraître surprenant que les États-Unis se soient aussi bien comportés, en dépit de l’angoisse et des préoccupations soulevées par la politique de M. Trump. En ce qui a trait aux droits de douane, ces mesures auraient pu s’avérer très perturbatrices si nous avions assisté à une guerre commerciale totale, mais nous pouvons dire que, relativement parlant, l’introduction de ces droits de douane s’est déroulée sans heurts, ou en tout cas sans grandes contestations au cours des derniers mois. En marge de cet aspect, un autre facteur a encore une fois créé un contexte relativement positif pour les marchés financiers mondiaux.
À un certain moment, plus tôt dans l’année, nous nous sommes posé des questions sur la mort du dollar, au vu de l’effondrement du dollar américain en raison de certaines politiques de l’administration américaine. Mais malgré le déclin survenu en mars et en avril, au cours des six derniers mois le dollar s’est montré plus ou moins stable. Les devises à proprement parler n’ont pas été au centre de l’attention des marchés cette année. Peut-être y a-t-il beaucoup plus d’intérêt et d’enthousiasme à l’égard des actions, de l’intelligence artificielle et des bulles. Sinon, je dirais que le marché des titres à revenu fixe s’est montré solide tout au long de l’année.
En ce qui concerne 2026, nous continuons de soutenir que l’économie américaine poursuivra sur sa lancée positive. Nous avons constaté une croissance saine vers la fin de 2025. L’année prochaine, les avantages découlant des taux d’intérêt, des réductions d’impôt et de la déréglementation seront également favorables à l’essor économique. Les dépenses en IA, qui devaient s’élever à 75 milliards au total pour l’année 2025 selon les prévisions, devraient augmenter de près de 300 milliards au cours de l’année prochaine.
Avec tout cet argent déversé dans l’économie, combiné à tant de conditions favorables, nous attendons une autre année de croissance économique relativement forte. En revanche, nous prévoyons que l’inflation sera un peu plus marquée. Cela signifie que les conditions sont réunies pour connaître une croissance du PIB nominal vraiment solide. Dans ce contexte, et compte tenu de la baisse des taux d’intérêt au cours des derniers mois, nous considérons que la Réserve fédérale n’a pas besoin de mettre en place d’importantes réductions de taux. Bien sûr, il est possible de voir des réductions supplémentaires, surtout si le marché du travail reste faible ou si Donald Trump insiste sur un remplacement à la présidence de la Réserve fédérale pour influencer la banque centrale en faveur d’un assouplissement.
Néanmoins, à ce stade, pour le Parti républicain il sera primordial de contenir l’inflation pour éviter que le thème de l’abordabilité ne revienne sur le devant de la scène lors des élections de mi-mandat. De ce point de vue, mon opinion pour 2026 est que la Réserve fédérale réalisera peut-être moins de baisses de taux que ce qui est actuellement escompté. Cela s’explique en grande partie par ma vision économique plus optimiste que celle de nombreux intervenants du marché.
Si nous passons maintenant à l’Europe, les choses s’annoncent relativement stables. Bien que l’économie européenne soit relativement faible, nous ne croyons pas que des baisses de taux d’intérêt surviendront au moment même où la politique budgétaire s’assouplit. Du fait qu’il y aura moins de réductions de taux, nous pensons que les rendements obligataires à long terme feront plus ou moins du sur-place aux États-Unis et en Europe l’année prochaine. Il se pourrait donc que les obligations d’État génèrent des rendements pas très éloignés de ceux des liquidités.
Cela dit, en ce qui concerne le crédit, nous tenons à souligner que dans le contexte d’une croissance économique relativement soutenue, les titres de créance peuvent continuer à produire de bons rendements. Le crédit obtient de bons résultats lorsque le risque de récession est faible, comme c’est le cas actuellement. C’est difficile, bien sûr, lorsque le risque de récession est plus présent. Nous réfutons cette idée selon laquelle le marché du crédit abriterait surtout des prêts improductifs où les dossiers de crédit individuels tournent mal. C’est vrai, nous avons vu quelques exemples de défaillance de sociétés, mais il s’agit de cas isolés. Par exemple Enron et WorldCom en 2003. De manière générale, nous pensons que les marchés du crédit sont relativement sains. De ce point de vue, nous pensons que nous assisterons à des rendements excédentaires par le biais du portage, car les écarts sont déjà très serrés. Il est difficile pour qu’ils resserrent encore plus. Le portage, je crois, donne l’occasion de réaliser de bons rendements. Sinon, nous aimons les produits financiers subordonnés. Nous sommes positifs à l’égard du portage sûr dans les tranches de titres adossés à des prêts de qualité élevée.
En ce qui concerne les autres marchés de titres à revenu fixe, je dirais que si le résultat est quelque peu inintéressant en ce qui concerne le marché du dollar ou la zone européenne, je dirais qu’au Japon et au Royaume-Uni nous avons des marchés où la volatilité macroéconomique et la volatilité politique pourraient devenir beaucoup plus prononcées à l’avenir. Nous croyons, encore une fois, comme nous l’avons constaté au cours de la dernière année, que les changements dans les politiques offriront aux investisseurs une multitude d’occasions d’obtenir des rendements grâce à la gestion active. Ce sont là des choses qui me remplissent d’enthousiasme à l’aube de la nouvelle année.
Featured speaker:
Mark Dowding, BlueBay Chief Investment Officer, BlueBay Fixed Income, RBC Global Asset Management (UK) Limited