Polina Kurdyavko, première directrice générale, première gestionnaire de portefeuille et cheffe, Marchés émergents, Titres à revenu fixe BlueBay, RBC Global Asset Management (UK) Limited, résume l’évolution du marché en 2025 pour la catégorie d’actifs et nous fait part de ses réflexions pour 2026.
En 2025, les rendements des titres à revenu fixe des marchés émergents ont été solides, les titres de créance d’État en monnaie forte rapportant environ 15 % et les titres de créance d’État en monnaie locale offrant des rendements supérieurs à 15 %, autant grâce aux taux que sous l’effet des devises.
Les titres de créance en monnaie locale (90 % des émissions sur les ME, soit une ampleur comparable à celle du marché des titres du Trésor américain) offrent des rendements réels élevés et des valorisations attrayantes, ce qui assure la viabilité de la dette et présente des occasions pour les investisseurs en 2026.
Les alliances géopolitiques continueront probablement à porter fruit. Par exemple, l’Amérique latine profite du soutien stratégique des États-Unis sous la gouverne de Donald Trump, et d’éventuels changements de leadership favorables au marché lors des élections de 2026 amplifient les vents favorables.
Les taux de défaillance devraient rester inférieurs à 1 %, tandis que les défaillances de sociétés se maintiendront autour de 5 % grâce au faible endettement des ME, à l’amélioration des déficits budgétaires et à l’augmentation des émissions liées aux critères ESG.
Les marchés émergents offriront des sources d’alpha diversifiées et à faible corrélation en 2026, ce qui encourage les investisseurs à adopter des stratégies ciblées plutôt que des pondérations dans de vastes catégories d’actifs.
(En anglais seulement)
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Polina Kurdyavko, CFA
Première directrice générale, première gestionnaire de portefeuille et cheffe, Marchés émergents, Titres à revenu fixe BlueBlay, RBC Global Asset Management (UK) Limited
Comment résumeriez-vous l’année 2025 pour les titres de créance de marchés émergents ?
Polina Kurdyavko : L’année 2025 a été faste pour les titres à revenu fixe des marchés émergents. Les titres de créance d’État en monnaie forte ont dégagé des rendements avoisinant 15 % et les titres d’État en monnaie locale se sont classés parmi les meilleurs de la catégorie d’actifs, ayant rapporté entre 15 % et 20 %. Ces résultats sont attribuables autant aux taux qu’aux devises. Ce solide rendement s’appuie sur trois thèmes sous-jacents qui, selon nous, continueront de produire leurs effets l’an prochain. Ces thèmes sont l’orthodoxie des politiques monétaires, le contexte géopolitique favorable à certains pays ou à certaines régions et, le dernier mais non le moindre, la vigueur fondamentale des économies des marchés émergents.
Quelles sont vos perspectives pour les titres de créance de marchés émergents en 2026 ?
Polina Kurdyavko : Permettez-moi de vous parler de nos attentes concernant ces thèmes en 2026. L’orthodoxie des politiques monétaires demeure le principal facteur de la viabilité de la dette dans les marchés émergents. Plus de 90 % des titres de créance à revenu fixe des marchés émergents sont libellés en monnaie locale. En fait, la taille du marché en monnaie locale est équivalente à celle du marché des effets du Trésor américain. D’une part, la vulnérabilité des émissions de titres des marchés émergents en monnaie forte s’en trouve réduite.
D’autre part, les investisseurs bénéficient d’occasions intéressantes de générer des rendements totaux attrayants en accédant aux marchés en monnaie locale, qui offrent actuellement les meilleurs rendements en revenu réels (c.-à-d. l’écart entre les taux des ME et des É.-U. au cours de la dernière décennie), mais dont les devises ont aussi des valorisations intéressantes qui, sur un horizon de trois décennies, demeurent très proches de la limite inférieure de la fourchette de négociation par rapport au dollar.
Le deuxième facteur a trait aux alliances géopolitiques. Nous avons observé de grands changements de nature géopolitique sur les marchés émergents au cours de l’année, et ces changements devraient se poursuivre l’an prochain. En particulier, la principale région qui a bénéficié de la nouvelle administration américaine est l’Amérique latine, car Donald Trump considère cette région comme stratégique et veut déployer tous les efforts nécessaires pour soutenir ce qui est en quelque sorte l’arrière-cour des États-Unis, en lui apportant une aide économique et politique. M. Trump favorisera surtout les pays dont les présidents ont des positions semblables aux siennes.
L’an prochain, des élections auront lieu dans des pays comme la Colombie et le Brésil. Nous constaterons alors peut-être de nouvelles avancées si les électeurs optent pour des dirigeants dont les politiques sont plus favorables au marché. Le dernier point, mais non le moindre, se rapporte aux perspectives de défaillance. En général, nous entrevoyons peu de défaillances sur les marchés émergents, en particulier dans le segment des titres d’État, où les taux de défaillance devraient être inférieurs à 1 %, comparativement à environ 5 % du côté des sociétés. Nous pensons que les marchés émergents continueront de profiter de deux facteurs clés sur le plan fondamental.
Tout d’abord, le ratio dette/PIB est plutôt avantageux par rapport aux économies développées. Deuxièmement, le déficit budgétaire est relativement mince. En outre, nous nous attendons à ce que les déficits budgétaires se résorbent, en général, dans les marchés émergents au cours des trois ou quatre prochaines années. Enfin et surtout, certains pays ont encore besoin d’aide, en particulier dans les marchés frontières, et nous pensons que la viabilité de leur dette pourrait être remise en question. Toutefois, ce sont les facteurs qui nous semblent offrir des occasions d’alpha. Nous nous attendons également à ce que les enjeux de ce type suscitent une hausse des émissions liées aux critères ESG, car les investisseurs accordent beaucoup plus d’attention à la transparence et à l’utilisation du produit des ventes d’obligations.
Dans l’ensemble, nous pensons que 2026 sera une année très intéressante où les marchés émergents pourront procurer une source d’alpha et présenteront une corrélation relativement faible entre eux. Par conséquent, nous encourageons les investisseurs à envisager différentes stratégies axées sur les marchés émergents afin de répondre à des préoccupations particulières quant à leur portefeuille, plutôt que de considérer la catégorie d’actifs comme étant celle dans laquelle ils veulent investir ou non. En fin de compte, nous offrons une gamme complète de solutions de placement mettant à profit les sources d’alpha des marchés émergents, et avantageuses tant pour le rendement relatif que pour le rendement absolu.
Vidéo enregistrée le 21 novembre 2025