Jeremy Richardson, membre de l’équipe Actions mondiales RBC, RBC Global Asset Management (UK) Limited, estime que le passage de l’IA de la théorie aux applications réelles provoquera de la volatilité sur le marché.
Faits saillants :
Les marchés boursiers mondiaux semblent stables, mais ils risquent de subir des perturbations causées par les politiques de Donald Trump en matière de concurrence et de coût de la vie.
L’IA continue de délaisser la théorie au profit des applications réelles.
L’incertitude quant aux secteurs qui seront perturbés par l’IA amène les investisseurs à se tourner vers des entreprises qu’ils considèrent comme « imperméables à l’IA ».
La prudence des dirigeants de sociétés quant aux perspectives de 2026 et 2027 déçoit les investisseurs en quête de croissance
(en anglais seulement)
Durée : {{ formattedDuration }}
Transcription
Bonjour, je m’appelle Jeremy Richardson et je fais partie de l’équipe Actions mondiales RBC. Je vous présente aujourd’hui de nouvelles actualités.
Les marchés boursiers mondiaux ont connu une évolution raisonnablement satisfaisante jusqu’à maintenant cette année, du moins si l’on regarde les résultats des indices globaux, mais ce progrès masque beaucoup de remous et de perturbations. Tout a commencé par un certain nombre d’annonces de mesures exécutives du président Trump visant à déterminer l’environnement concurrentiel des secteurs et à réduire le coût de la vie pour les ménages actifs, composés surtout de cols bleus, de sorte que les investisseurs essaient d’anticiper ce qui pourrait être le prochain point sur sa liste de tâches à accomplir.
Dernièrement, l’intelligence artificielle est toutefois le sujet qui a capté l’attention de la plupart des gens. Je pense donc qu’en 2024, nombreux sont ceux qui ont considéré l’IA comme une solution à la recherche d’un problème. On ne peut pas vraiment en dire autant en 2026. Les outils d’IA sont de plus en plus répandus et les entreprises trouvent des cas où leur utilisation se justifie encore plus. Un grand nombre d’entre eux ont trait aux occasions de codage. Il semble que le codage peut maintenant se faire en langage naturel. Nul besoin d’avoir appris l’un ou l’autre de ces programmes informatiques.
Les barrières à l’entrée sont maintenant réduites, en particulier pour les sociétés de logiciels. Bon nombre d’entre elles ont vu leur capitalisation boursière chuter brutalement, car les investisseurs commencent à s’inquiéter de la valeur finale, ou de la valeur à long terme, de ces sociétés. Cela me rappelle un peu les jeux de tague dans la cour de récréation. Les sociétés et les investisseurs se demandent avec inquiétude qui sera la prochaine cible. C’est pourquoi ils hésitent beaucoup à sortir des sentiers battus. C’est ce que nous observons sur le marché : les valorisations des secteurs soi-disant « sensibles à l’IA » sont remises en question, et les investisseurs se tournent plutôt vers la sécurité relative offerte par les entreprises et les modèles d’affaires qu’ils considèrent comme quelque peu immunisés contre l’IA.
Ajoutons à cela un degré de prudence naturel de la part des équipes de direction des sociétés lorsqu’elles communiquent au marché leurs résultats du quatrième trimestre. Il est facile de voir comment la volatilité peut s’accroître. Ce qui préoccupe les équipes de direction des entreprises, c’est qu’elles aussi constatent beaucoup de perturbations liées au virage technologique. Elles ne peuvent évidemment avoir une vision claire de 2026 et des années suivantes.
Ainsi, dans leurs communications avec le marché, elles annoncent de bons chiffres en général, mais les investisseurs cherchent plutôt à savoir comment elles entrevoient les années 2026 et 2027. Dans ce contexte, la prudence naturelle des équipes de direction, particulièrement face aux progrès technologiques, les amène à faire preuve d’une très grande circonspection dans leur message, ce qui ne plaît pas particulièrement aux investisseurs qui espèrent être un peu plus rassurés.
Souhaitons que cette situation change au fil de l’année civile. Il est tout à fait compréhensible que les équipes de direction tentent d’abaisser la barre au début de l’année civile, mais dans le courant de l’année, elles disposeront d’un plus grand nombre d’indications, plus d’opérations auront eu lieu sur le marché et les résultats commenceront à se raffermir. Il est à souhaiter que les équipes de direction des sociétés puissent alors livrer des messages plus convaincants, et qu’il soit plus évident pour les investisseurs de savoir quelles sont les sociétés les mieux placées pour tirer parti des occasions qu’offriront les perturbations technologiques.
J’espère que vous avez apprécié ma présentation. J’ai hâte de vous retrouver bientôt.