Jeremy Richardson, de l’équipe Actions mondiales RBC,explique pourquoi la rigueur en matière d’évaluation et la diversification restent essentielles dans le contexte économique actuel.
Points saillants :
Les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière amplifient la surévaluation des actions du secteur de l’IA, ce qui entraîne une concentration et va à l’encontre de la diversification à laquelle les gestionnaires actifs accordent généralement la priorité.
Les risques géopolitiques continuent de miner les valorisations et risquent l’accroissement prolongé des coûts de l’énergie, l’inflation persistante et la hausse des taux d’intérêt, qui fait augmenter les taux d’escompte et réduit la valeur future des actions les plus chères.
La vigueur des bénéfices au premier trimestre a alimenté l’optimisme à court terme dans le domaine de l’IA, mais l’intensification des risques liés à l’inflation et aux taux d’intérêt crée une tension fondamentale. La façon dont cette situation se résoudra sera déterminante pour les investisseurs qui doivent choisir entre la quête de la concentration et le maintien d’une diversification rigoureuse en 2026.
(en anglais seulement)
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Transcription
Jeremy Richardson - Premier gestionnaire de portefeuille, Actions mondiales, RBC Global Asset Management (UK) Limited
Bonjour. Je m’appelle Jeremy Richardson et je fais partie de l’équipe Actions mondiales RBC. Je vous présente aujourd’hui une nouvelle mise à jour.
Si vous demandez à la plupart des gens s’ils se sentent heureux ou non à l’idée de détenir un actif surévalué, ils pourraient avoir quelque chose à dire à ce sujet. De même, si vous leur demandez de mettre tous leurs œufs dans le même panier, cela pourrait également les mettre mal à l’aise. Pourtant, l’indice de référence pondéré en fonction de la capitalisation boursière, que bon nombre d’entre nous considèrent comme une sorte d’investissement alternatif à faible coût et à faible risque, mise beaucoup sur ces types d’idées parce que plus l’action est chère, plus son poids dans cet indice de référence est important. Alors qu’actuellement, nous constatons que le marché est tiré à la hausse par l’intérêt croissant porté aux titres liés à l’intelligence artificielle, dont beaucoup sont des grandes capitalisations, et donc certains sont en réalité plus chers, on comprend aisément comment le marché peut se concentrer davantage et délaisser la diversification.
Or, ces concepts posent un défi aux gestionnaires actifs, car nous accordons de l’importance à la valorisation et à la diversification, mais ce ne sont pas des caractéristiques qui semblent être récompensées pour le moment. Cela profite aux investisseurs qui se positionnent sur ces indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière, tant que ces tendances leur sont favorables. C’est ce que nous avons constaté jusqu’à présent. Mais bien sûr, les choses ne fonctionnent pas toujours de la même façon.
La question qu’il faut se poser est la suivante : qu’est-ce qui va perturber cette tendance ? Ces derniers temps, nous avons assisté à l’émergence de nouvelles préoccupations sur les marchés, pas nécessairement sur le marché des actions, mais plutôt sur celui des obligations.
Le président Trump est rentré de son voyage en Chine sans avoir obtenu d’accord de la part des Chinois, ni aucune aide de leur part pour faire pression sur les Iraniens afin de résoudre la situation au Moyen-Orient. Cela a suscité des inquiétudes sur les marchés qui craignent que les prix de l’énergie restent élevés plus longtemps que prévu. Cela augmente évidemment les risques d’une inflation et de taux d’intérêt élevés, et on commence à en voir les effets se traduire par une hausse des rendements obligataires.
Quelles sont les conséquences pour les actionnaires et les investisseurs en actions ? Le taux d’escompte est important pour des raisons liées aux valorisations. Si le taux d’escompte augmente, la valeur future de ces flux de trésorerie diminuera. Nous nous retrouvons donc aujourd’hui dans une situation où il y a en quelque sorte un bras de fer entre l’optimisme entourant le thème de l’intelligence artificielle et le rythme soutenu des bénéfices.
Les résultats du premier trimestre ont été excellents pour le secteur technologique dans son ensemble, ce qui continue de nous inspirer un certain optimisme à court terme. D’un autre côté, des nuages se profilent à l’horizon si les coûts de l’énergie restent élevés, si l’inflation continue d’être une menace persistante, et si cela entraîne une hausse des taux d’intérêt. Et la façon dont ces deux forces aux effets opposés se résorberont constituera une question cruciale pour les investisseurs tout au long de 2026. En tant qu’investisseurs actifs, nous suivons avec beaucoup d’intérêt l’évolution de la situation sur les marchés, mais je vous assure que nous n’allons pas renoncer à ces deux principes fondamentaux que sont le souci de la valorisation et une gestion prudente des risques, afin de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. J’espère que vous avez aimé ma présentation. J’ai hâte de vous retrouver bientôt.