L’économie américaine est forte, les taux sont élevés, l’argent des consommateurs atteint des niveaux records. L’incertitude liée à l’adoption de l’IA est la véritable inconnue.
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Transcription
Bonjour et bienvenue à cette nouvelle séance de la campagne « The Weekly fix ». Je m’appelle Tim Leary. Je suis premier gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Financement mondial à effet de levier BlueBay à Stamford (Connecticut).
Nous sommes à la mi-juin, l’année scolaire touche à sa fin, et le conflit avec l’Iran semble en voie de résolution. Les craintes d’inflation devraient s’apaiser à mesure que diminueront les prix du pétrole, et l’attention devrait se tourner vers notre nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh. Pour s’assurer que tout le monde est sur la même longueur d’onde, rappelons que la BCE a relevé les taux sur les dépôts de 25 pb pour les porter à 2,25 % la semaine dernière. La Banque du Japon a relevé son taux directeur de 25 pb pour atteindre 1 %, tandis que la Reserve Bank of Australia (RBA) a laissé ses taux inchangés à 4,35 % cette semaine. Le marché ne s’attend pas à ce que la Réserve fédérale prenne d’initiative cette semaine, mais écoutera avec la plus grande attention le communiqué et la première annonce de M. Warsh.
Prenons un peu de recul. Aux États-Unis, l’économie est en phase de croissance, le taux de chômage est faible, les taux ont bien quitté leurs derniers creux et les bénéfices des sociétés sont solides. Le PIB américain est soutenu en partie par les investissements dans l’IA qui sont inégalés à l’échelle mondiale. Les soldes des comptes chèques et des comptes d’épargne des consommateurs détenus auprès des plus grandes banques aux États-Unis ont augmenté par rapport à leur niveau avant la COVID-19 ; en fait, ils sont plus élevés même si l’on tient compte de l’inflation des six dernières années. Toutes choses égales par ailleurs, les Américains ont plus de liquidités aujourd’hui dans toutes les tranches de revenu qu’ils n’en avaient avant le choc temporaire de la COVID-19. Dans ce contexte, on comprend pourquoi les taux pourraient rester élevés.
La principale inconnue identifiée reste l’incidence de l’IA sur le marché du travail. Le double mandat de la Réserve fédérale, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix, sera inévitablement touché par l’utilisation croissante de l’IA et les coûts y relatifs. L’incertitude entourant le rythme de l’adoption et la forme que prendra celle-ci concrètement créera de l’incertitude quant à l’évolution de l’économie et des taux.
La bonne nouvelle à propos des obligations de sociétés à rendement élevé est que, même si les écarts de taux reflètent la santé de l’économie et le profil de crédit, les investisseurs accordent de plus en plus d’attention aux rendements globaux et aux échéances courtes.
Nous continuons de trouver de la valeur dans la certitude offerte par le différentiel de taux des titres à rendement élevé et dans la distribution de revenu de ceux-ci chaque mois. Parfois, c’est aussi simple que de réaliser que « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».
Comme toujours, merci de votre temps et bons investissements.
Principaux points à retenir
Le contexte macroéconomique favorise une hausse des taux : le PIB américain progresse grâce à de solides investissements dans l’IA, le taux de chômage est faible et les résultats des entreprises sont solides. Les soldes de trésorerie des consommateurs sont en réalité supérieurs à leur niveau d’avant la pandémie de COVID, après prise en compte de l’inflation, et ce, dans toutes les tranches de revenus.
L’incidence de l’IA sur l’emploi est la principale inconnue : le double mandat de la Fed (plein emploi et stabilité des prix) sera inévitablement mis à l’épreuve par l’adoption de l’IA. L’incertitude quant au rythme et à la nature des suppressions d’emplois rend imprévisible l’orientation économique et la trajectoire des taux.
Les obligations à rendement élevé offrent un revenu intéressant par rapport à leur duration : Compte tenu des taux élevés et d’une duration courte, les obligations à rendement élevé génèrent un revenu mensuel et une rémunération supplémentaire liée aux données fondamentales en matière de crédit, ce qui crée un potentiel de rendement global dans le contexte actuel.