À RBC Gestion mondiale d’actifs (RBC GMA), nous surveillons sans cesse le monde de l’investissement responsable (IR) afin de peaufiner nos prévisions et de rester prêts à agir dans l’intérêt de notre clientèle. Nous avons cerné six thèmes susceptibles d’influer sur l’IR au cours de l’année à venir. Ensemble, ces thèmes reflètent un contexte complexe et dynamique, caractérisé par des progrès technologiques rapides et des divisions sociales et politiques grandissantes, qui sont susceptibles de présenter des risques et des occasions importants dans les portefeuilles que nous gérons.
1) Essor continu de l’IA.
Alors que les capacités de l’intelligence artificielle (IA) évoluent rapidement, des pressions croissantes s’exercent sur les entreprises pour que leurs investissements massifs génèrent une valeur commerciale concrète. L’attention accrue portée aux résultats mesurables risque d’aboutir à un compromis dangereux privilégiant la rapidité et l’efficacité au détriment de mécanismes de protection essentiels comme l’équité, l’exactitude et l’élimination des biais. Les contraintes liées aux ressources accentuent ces difficultés. Près du quart des centres de données actuels est situé dans des régions soumises à des stress hydriques, mettant en évidence les tensions environnementales et opérationnelles qui découlent de l’IA.1 Les perturbations de la main-d’œuvre ne font que compliquer les choses. Selon les indicateurs préliminaires, l’IA influence déjà les décisions d’embauche des entreprises, bien que les données en temps réel pour connaître les répercussions précises demeurent fragmentées. Par ailleurs, la réglementation suscite la controverse. Des efforts tels que la rationalisation de la loi sur l’intelligence artificielle de l’UE et la volonté de l’administration Trump de restreindre la réglementation étatique en la matière mettent en lumière l’équilibre délicat entre promouvoir l’innovation et atténuer les risques.
Près du quart des centres de données actuels est situé dans des régions soumises à des stress hydriques, mettant en évidence les tensions environnementales et opérationnelles qui découlent de l’IA.1
2) Recalibrage de la défense.
L’intensification des tensions mondiales et la multiplication des conflits ont donné lieu à des engagements substantiels visant à accroître les dépenses militaires dans le monde. Parallèlement, plusieurs fonds et caisses de retraite de l’Union européenne réévaluent leurs politiques d’exclusion de ce secteur. Les cadres réglementaires changent également pour tenir compte de cette évolution. Plus particulièrement, le paquet de mesures sur la défense (Defence Readiness Omnibus) proposé par l’UE vise à préciser les exclusions pour la finance durable et, éventuellement, à assouplir les restrictions concernant les activités de défense conventionnelles. Le secteur présente également des défis uniques aux investisseurs. Les limites de ce qui constitue une « société de défense » s’estompent, car des acteurs non traditionnels entrent sur le marché pour tirer profit des nouvelles occasions. Ces changements témoignent de la reconnaissance croissante de l’importance stratégique du secteur de la défense dans le contexte géopolitique actuel, tout en soulignant la nécessité d’une diligence raisonnable nuancée pour gérer la complexité inhérente au secteur.
3) Évolution de la voix des actionnaires.
Les tensions entre le contrôle exercé par la direction et le dialogue avec les actionnaires s’intensifient, alors que des changements structurels et technologiques redéfinissent les pratiques de vote par procuration et de gérance dans certaines régions. Par ailleurs, l’évolution du contexte réglementaire ajoute un niveau de complexité. Aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission a récemment annoncé qu’elle ne donnerait plus suite aux demandes des sociétés d’omettre de faire des propositions d’actionnaires des questions soumises au vote, soulevant de l’incertitude à l’égard des protocoles établis. Le croisement de ces forces crée des conditions mouvantes que les investisseurs devront surmonter pendant la période de votes par procuration de 2026.
4) Accélération de l’adaptation aux changements climatiques.
Les risques physiques liés au climat ne sont pas uniquement des problèmes d’avenir ; les répercussions se font déjà sentir aujourd’hui. En 2024, les phénomènes météorologiques extrêmes ont provoqué des pertes économiques de 318 milliards de dollars américains, dont seulement 137 milliards de dollars américains étaient assurés, la part non assurée atteignant un montant astronomique de 181 milliards de dollars américains (57 %).1 L’écart est susceptible de se creuser à mesure que l’assurance devient plus coûteuse et moins accessible. On pourrait donc assister à une hausse des coûts et à une réduction de la capacité bénéficiaire, les risques étant en fin de compte assumés par les sociétés et les investisseurs. Les perturbations des chaînes logistiques accentuent ces risques. Les prévisions indiquent que les vulnérabilités inhérentes aux chaînes logistiques mondiales pourraient causer une hausse pouvant aller jusqu’à 30 % des coûts économiques associés aux conditions météorologiques extrêmes.2 Alors que les risques physiques devraient s’intensifier, ceux liés à la transition continuent de progresser. Les baisses du coût des énergies renouvelables alimentées par le marché accélèrent la transition, tandis que les changements de politiques gouvernementales engendrent de l’incertitude. Les investisseurs devront faire la distinction entre les technologies qui sont économiquement autosuffisantes et celles qui dépendent du soutien politique.
Les risques physiques liés au climat ne sont pas uniquement des problèmes d’avenir ; les répercussions se font déjà sentir aujourd’hui. En 2024, les phénomènes météorologiques extrêmes ont provoqué des pertes économiques de 318 milliards de dollars américains, dont seulement 137 milliards de dollars américains étaient assurés, la part non assurée atteignant un montant astronomique de 181 milliards de dollars américains (57 %).1
5) Regain d’attention pour les droits de la personne.
Les risques liés aux droits de la personne, notamment les conditions de travail, le travail forcé, la sécurité personnelle et l’inclusion sociale, sont devenus des préoccupations majeures pour les entreprises. Au fur et à mesure que les pratiques des investisseurs évoluent dans ce domaine, les sociétés sont confrontées à de nouvelles difficultés associées à la progression rapide de l’IA, notamment les biais des algorithmes, la prise de décision automatisée, l’inégalité de l’accès aux technologies, les violations de la confidentialité des renseignements personnels et les technologies de suivi. Comme ces nouveaux risques numériques se combinent aux préoccupations traditionnelles concernant les droits de la personne, une gouvernance et une responsabilisation solides des sociétés s’avèrent indispensables, de même que des stratégies proactives d’atténuation des risques communs.
6) Investissements autochtones.
Partout au Canada, les investissements autochtones gagnent en importance à mesure que les conversations évoluent de façon à mettre l’accent sur les participations et les partenariats stratégiques à long terme. Toutefois, pour réaliser ce potentiel, il faut composer avec des décennies de méfiance. De faux pas peuvent compromettre le progrès accompli, et entraîner des risques juridiques, financiers et réputationnels pour les émetteurs. Dans d’autres régions comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Amérique latine et les États-Unis, le développement économique mené par les collectivités autochtones prend de l’ampleur. Les collectivités autochtones sont des partenaires importants d’une croissance économique durable et inclusive.
Alors que le domaine de l’IR évolue rapidement, ces six thèmes illustrent les perturbations technologiques, les tensions géopolitiques et l’évolution des attentes sociales qui redéfinissent la composition des critères ESG. À RBC GMA, nos équipes des placements s’efforcent d’intégrer les critères ESG importants dans les décisions de placement au sein des portefeuilles qui leur sont confiés, pour les types de placements applicables, dans le but de cerner les risques et occasions importants éventuels, et d’améliorer le rendement à long terme ajusté au risque.